Yom hashoah 2013 – Faire le deuil…

8 avril 2013
Pasteur Gérald Fruhinsholz


Nous nous trouvons devant une magnifique vallée, la journée est ensoleillée, mais l’émotion et les larmes sont là également, lors de cette nouvelle commémoration de la Shoah. Cela se passe  près de Jérusalem, à Roglit, le site du souvenir des 80.000 Juifs déportés de France, assassinés dans les camps de la mort – la cérémonie est organisée par les « Fils et Filles des Déportés Juifs de France ».


Les autorités françaises sont présentes – l’Ambassadeur Christophe Bigot et les différents consuls établis en Israël. Sont présents également l’avocat Arno Karsfeld, et une assistance nombreuse venue de Jérusalem, Tel-Aviv, Netanya. Ces amis juifs de France à présent israéliens, ont tous été touchés par la Shoah – rescapés, enfants de rescapés, enfants cachés… personne n’est indemne de cette tragédie, et porte cette blessure qui ne se fermera jamais.
[youtube]http://youtu.be/VSPLNQXLG64[/youtube]

Dans son discours inaugural, l’Ambassadeur Christophe Bigot ne peut retenir son émotion, évoquant l’horreur de la Shoah, la folie de la « Solution finale », la méconnaissance de cet monstruosité malgré la quantité de livres et de films ; il dira également que l’antisémitisme (en France) n’est pas mort aujourd’hui, il refait surface… (voir la vidéo ci-contre).

Arno Klarsfel, a témoigné de l’arrestation de son grand-père (Arno) à Nice, où de nombreux Juifs furent raflés par les Nazis (sans participation de la Préfecture et Police française !). Ayant fait un faux plancher dans la penderie, le grand-père de Arno a pu ainsi sauver sa famille, mais ne revint jamais d’Auschwitz… Le père d’Arno, Serge Klarsfeld (1),

 

Robert Spira témoigna également : il avait 5 ans lorsque son père fut raflé. Dans un discours émouvant, Robert répond à son papa qui avait promis de lui écrire. Il décrit ce que son père a dû  vivre à Auschwitz, les horreurs innommables du camp, où chaque seconde vécue était une seconde gagnée contre la mort… « Le travail rend libre (2)… libre de mourir ». Robert évoque aussi le Vel d’Hiv’, en 1942. « Ce policier, pourquoi il nous a sauvés ? C’est une question dont je n’ai pas la réponse… ».

 

Roglit, pierre tombale des 80 000 Juifs français

Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France est situé dans la forêt de Beth-Shemesh, près du moshav Neve Michaël, dominant la vallée du Ellah. Il a été inauguré le 18 juin 1981. Sur le mur immense sont inscrits les 80.000 noms.

Le Mémorial est sur un terrain du KKL, dans une Forêt du Souvenir plantée par l’Association, et les 80.000 arbres ont été plantés à la mémoire des 80.000 Juifs déportés de France.

 
Chaque jour, le nombre des rescapés de la Shoah diminue. Les témoins disparaissent… et nous devons nous souvenir – « Les oublier serait les tuer une deuxième fois », dira Robert Spira.

 

« Je consolerai les affligés de SION,
Je leur donnerai un diadème au lieu de la cendre,
une huile de joie au lieu d’un esprit abattu,
afin qu’on les appelle des térébinthes de la justice,
une plantation de l’Eternel, pour servir à Sa gloire » – Esaïe 61

 

(1) Arno est le fils de Beate et Serge Klarsfeld : Serge Klarsfeld (né le 17 septembre 1935 à Bucarest en Roumanie) est un écrivain, historien et avocat de la cause des déportés en France. Son épouse Beate (née Beate Künzel, en 1939 à Berlin) et lui sont connus sous le nom de « chasseurs de nazis », pour avoir emmené devant les tribunaux Klaus Barbie et avoir joué un rôle fondamental dans le procès Papon. Leur fils Arno Klarsfeld est avocat.
(2) « Die arbeit macht frei » (le travail rend libre), était inscrit à l’entrée du camp d’Auschwitz.

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