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Les richesses du Néguev

Avec notre groupe « HaShorashim » – Redécouvrir les racines en honorant les pionniers – nous sommes partis à la découverte du Néguev, du côté de Mitzpe Ramon.

Revivim, les pères fondateurs

Situé à une trentaine de minutes au sud de Beer-Sheva, le kibboutz Revivim fut fondé en 1943 par des pionniers venus notamment de Rishon LeZion. Les premiers volontaires étaient originaires d’anciennes communautés juives d’Autriche, d’Italie et d’Allemagne. Ils sont aujourd’hui considérés comme les pères fondateurs du développement moderne du Néguev. Lorsque les pionniers juifs commencèrent à s’installer dans cette région, le Néguev était très faiblement peuplé et occupé principalement par des tribus bédouines. David Ben Gourion avait compris l’importance stratégique de créer des yishouvim dans cette vaste région désertique où l’eau représentait un défi majeur. Entourés de populations souvent hostiles, les pionniers réussirent à maintenir les trois avant-postes juifs du Néguev. Ils construisirent notamment le premier hôpital souterrain et « climatisé » du Néguev, et développèrent des techniques agricoles innovantes permettant de cultiver des sols particulièrement difficiles en « dessalant la terre ». Revivim devint rapidement un véritable laboratoire agricole à ciel ouvert.

Ben Gourion et le rêve du Néguev

David Ben Gourion, premier dirigeant de l’État d’Israël, répétait souvent que « l’avenir d’Israël se trouve dans le Néguev ». Pour lui, le développement de cette région, qui représente plus de la moitié du territoire israélien, était indispensable à l’avenir du pays. Son installation à Sde Boker en 1952 constituait un acte symbolique fort : il voulait démontrer que l’ingéniosité humaine pouvait relever les défis d’un environnement marqué par des températures extrêmes et une rareté chronique de l’eau.

Ashalim, le phare solaire au cœur du désert

Impossible de manquer la tour d’Ashalim. Visible à des dizaines de kilomètres à la ronde, elle se dresse comme un véritable phare au milieu du désert. Le yishouv d’Ashalim trouve son origine dans l’un des trois établissements du Na’hal fondés en 1956 entre Mashabei Sadeh et Nitzana. Aujourd’hui, Ashalim est surtout connue pour sa centrale solaire exceptionnelle. Le complexe combine plusieurs technologies de production énergétique : énergie solaire thermique, énergie photovoltaïque et gaz naturel. La tour solaire concentre les rayons du soleil grâce à plus de 50 000 héliostats, ces immenses miroirs pilotés par ordinateur qui réfléchissent la lumière vers un récepteur situé au sommet de la tour. Avec une puissance installée d’environ 121 mégawatts, elle peut fournir de l’électricité à près de 120 000 foyers. Mise en service en 2019, la centrale produit plusieurs centaines de gigawattheures par an. Avec ses 260 mètres de hauteur, elle demeure l’une des plus hautes tours solaires à concentration au monde.

‘Hatzerim, les princes du goutte-à-goutte

Qui ne connaît pas aujourd’hui l’irrigation au goutte-à-goutte (tiftouf), utilisée dans le monde entier, en particulier dans les régions arides ? C’est au kibboutz ‘Hatzerim, à une dizaine de kilomètres de Beer-Sheva, qu’est née cette révolution agricole. Ici, dans le désert du Néguev, la chaleur est intense et le calme est régulièrement interrompu par le passage des avions de chasse de la base aérienne voisine. Pourtant, cette communauté attire depuis longtemps de nombreux candidats. Son succès repose largement sur l’entreprise Netafim, fondée en 1965 et devenue le leader mondial de l’irrigation de précision. L’idée originale revient à Simcha Blass, ingénieur israélien, qui observa qu’un arbre poussait mieux que les autres grâce à une fuite d’eau lente et continue. Cette observation donna naissance au principe de la micro-irrigation. Grâce à ce système, l’eau est apportée directement aux racines des plantes, ce qui permet des économies considérables tout en améliorant les rendements agricoles. Cette innovation a transformé l’agriculture dans de nombreuses régions désertiques du monde et apporté une vraie bénédiction pour de nombreux pays. Le kibboutz ‘Hatzerim a conservé une part importante du capital de Netafim, dont les activités se sont développées sur plusieurs continents avec des milliers d’employés.

Une autre richesse du désert : le jojoba

Mais ‘Hatzerim ne doit pas sa prospérité uniquement au goutte-à-goutte. Depuis plusieurs décennies, le kibboutz cultive également le jojoba, une plante originaire du Mexique et particulièrement adaptée aux conditions arides du Néguev. L’huile de jojoba a une composition très proche de celle du sébum humain. À l’origine, les pionniers envisageaient d’utiliser cette huile dans l’industrie mécanique de précision. Mais ce sont finalement les fabricants de cosmétiques qui se sont révélés les principaux acheteurs. Aujourd’hui, l’huile de jojoba israélienne est reconnue dans le monde entier pour sa qualité. Une fois encore, Israël a su transformer les contraintes du désert en opportunités, faisant du Néguev un laboratoire d’innovation où se rencontrent la vision, la persévérance et l’ingéniosité humaine.

Quand le désert refleurit

En parcourant le Néguev aujourd’hui, il est difficile d’imaginer les immenses défis auxquels furent confrontés les premiers pionniers. Là où beaucoup ne voyaient qu’un désert hostile, ils ont vu une terre d’avenir. Grâce à leur travail, leur persévérance et leur foi, des villages, des fermes, des centres de recherche et des villes ont émergé là où il n’y avait presque rien.

Cette transformation rappelle inévitablement les paroles des prophètes : « Le désert et le pays aride se réjouiront ; la solitude sera dans l’allégresse et fleurira comme un narcisse » – Ésaïe 35 :1

Voir aujourd’hui des champs, des vergers, des vignobles et des technologies de pointe au cœur du désert nous rappelle que le Dieu d’Israël demeure fidèle à Ses promesses.