L’Afghanistan et l’échec des démocraties

L’Afghanistan et l’échec des démocraties

A l’heure où les Etats-Unis commémorent les 20 ans des attentats qui feront près de 3000 morts avec l’effondrement des tours du World Trade Center, le monde découvre l’échec total de 20 années de tentative de démocratisation de l’Afghanistan. C’est la puissante armée américaine qui est mise en échec par des Talibans barbus, ayant perdu des milliers de soldats (2 456 morts et 20 068 blessés), abandonnant un trésor d’armement en tout genre, et organisant en toute hâte le départ de ses concitoyens, des membres du personnel diplomatique et des travailleurs afghans locaux. Des milliers de personnes se masseront à l’aéroport pour tenter d’entrer dans les avions sous le fouet des Talibans, et fuir ce pays maudit. En 2001, le monde entier a vu la chute incroyable des Twin Towers et il voit en 2021, après 20 ans de tentative de pacification, la chute de Kaboul et la fuite de toutes les diplomaties occidentales. Quelle ironie, et quelle humiliation ! L’Islam a gagné, et la sharia va pouvoir mettre par terre toutes les valeurs, qui jusqu’à présent, étaient celles de la civilisation judéo-chrétienne, bafouant tous les droits humains, ceux de la femme et de l’enfant, ceux de la liberté d’expression et la liberté de culte.

L’Histoire se répète hélas… après les printemps arabes, l’avènement des Frères musulmans, d’Al Qaïda, du Djihad islamique, du Hamas, du Hezbollah… Il n’y a pas si longtemps, l’on se baignait à Gaza et l’on faisait ses courses à Ramallah ; en Egypte et en Algérie ou en Iran avant le règne des mollahs, les femmes avaient les cheveux au vent, en bikini sur la plage, et le bien-vivre en toute liberté sentait bon.

Une démocratie hypocrite et impuissante

Winston Churchill a dit : “La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes” – c’est en tout cas mieux que toute dictature politique ou religieuse oppressante. L’hypocrisie des démocraties a commencé avec la colonisation des pays africains pour y voler les ressources minières, elle a continué avec le dépeçage du Moyen-Orient pour y capter les ressources pétrolières, les frontières ont été tracées à la règle, et 77% de la « Palestine juive » fut coupée et donnée à « l’ami arabe » des Anglais, la famille Hussein et le Roi Abdallah 1er. La Transjordanie est devenue la Jordanie, et une des conditions à cette Palestine arabe était d’être « judenrein ». Notons pourtant que la seule vraie démocratie au Moyen-Orient, c’est Israël ; cela en fait la cible privilégiée de l’islam.

Aujourd’hui, toutes ces lignes-frontières se désagrègent et le Moyen-Orient est en ébullition avec la poussée des Islamistes n’hésitant pas à déclarer la guerre à tout le monde occidental.

La libanisation et Israël

Israël est-elle entrée dans une phase post-sioniste, et ne glisse-t-elle pas dans une forme de libanisation ?… Selon le Larousse, la libanisation est un « processus de fragmentation d’un État, résultant de l’affrontement entre diverses communautés de confessions, par allusion aux affrontements que connut le Liban dans les années 1980 ».

« Ce qui a détruit « la Suisse du Moyen-Orient » et l’a fait glisser dans les bras du Hezbollah et de l’Iran, c’est le choix des politiciens – chrétiens, druzes et musulmans sunnites – de subordonner l’intérêt national aux intérêts personnels et sectoriels », comme le souligne Dr. Mordechai Kedar[1] (nuitedorient.com). Dans son article ‘’Mansour Abbas et la Libanisation d’Israël’’, M. Kedar démontre qu’Israël glisse sur cette pente : « L’expérience libanaise se répète en Israël. Les partis sont créés et dirigés sur une base personnelle, et les politiciens se délégitiment mutuellement à un niveau personnel sans se soucier, même de façon minimale, du bien-être du pays ». Il termine ainsi : « Il ne faut pas se laisser impressionner par les costumes-cravates des députés du Mouvement islamique, leur hébreu impeccable, leurs diplômes universitaires et les slogans qu’ils prononcent. Le Mouvement islamique en Israël n’a pas renoncé à son objectif ultime – la destruction d’Israël en tant qu’État juif – et tout ce qu’il a fait depuis son entrée à la Knesset a été orienté vers le moment où il sera rendu kasher par des Juifs sionistes dont les ambitions personnelles et les disputes politiques ont paralysé leur capacité à faire passer le pays en premier ».

L’abandon de Dieu

En tant que chrétien, je ne peux m’empêcher de relier ce que nous vivons aujourd’hui – l’émergence d’un islam moyenâgeux dévorant petit à petit nos démocraties affamées de technologies et de bien-être, nos valeurs de tolérance et de droits humains qui, rappelons-le, sont directement issues des lois de Moïse, notre liberté si chère à nos cœurs – à l’abandon pur et simple de Dieu se traduisant notamment par la désagrégation de l’Eglise et des valeurs sionistes. L’homme érige ses propres lois, immorales ou amorales, au mépris des lois de Dieu.

Ne nous étonnons pas si le monde chavire…

Il y a une bonne nouvelle : c’est quand les ténèbres sont grandissantes que la lumière est la plus vive ! Comme le révèle la Genèse, le jour commence le soir. Quelqu’un a écrit cette réflexion, suite au cataclysme de la Shoah : « C’est au cœur de la violence et de la haine, qu’il faut croire en l’irréversibilité de l’amour et de la tendresse de Dieu ». Vivons dans cette foi et cette espérance.

GF – le 10 septembre 2021

[1] Mordechai Kedar est un spécialiste israélien de la culture arabe et professeur à l’Université Bar-Ilan, et vice-président de NEWSRAEL.

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