Archives pour février, 2015

Sionisme chrétien

24 février 2015
Pasteur Gérald Fruhinsholz


Lekh LekhaNous avons eu le plaisir de répondre à une invitation – celle du Dr Roland Dajoux, son dernier livre étant : « Amnésie internationale,Israël la mémoire du monde » – pour une conférence sur le« Sionisme chrétien ». J’en suis gré au Dr Dajoux car le sionisme chrétien n’est pas vraiment un sujet porteur, ni dans les églises ni dans le monde juif.

Et pourtant, combien ce sujet est important, non pas pour glorifier les chrétiens qui hélas ont rarement agi pour bénir le peuple juif et Israël, mais justement pour montrer que le plan de Dieu réside dans une collaboration des goyim à la destinée d’Israël, d’être une bénédiction pour l’humanité. Sans Ruth la moabite, pas de roi David, sans le roi Cyrus que Dieu appelle « mon oint », pas de temple ni de retour de Babylone, sans Lord Balfour, pas de territoire juif…  et sans le pasteur William Hechler, Théodore Herzl aurait eu du mal à accomplir sa vision de créer un Etat juif.

L’alliance de Dieu faite avec Abraham est inconditionnelle ! Ses accents d’amour envers Israël ne sont pas de la littérature. Que serait un Dieu qui ne tient pas Ses promesses !

Osée 2:19 : « Je serai ton fiancé pour toujours »

Jérémie : « Je t’aime d’un amour éternel ; C’est pourquoi je te conserve ma bonté. Je te rétablirai encore, et tu seras rétablie, Vierge d’Israël ! »


Réponse du président

Hollande et NetanyahouIl y a encore aujourd’hui des chrétiens, que j’appellerais « sionistes », qui travaillent à faire entendre la VOIX d’Israël. A ce propos, nous avons reçu une réponse à notre lettre adressée en décembre 2014 au Président François Hollande pour dénoncer les tentatives de la France de créer de manière unilatérale un Etat palestinien. Laconique, la réponse du chef de Cabinet est celle-ci – l’on constatera qu’elle est en contradiction avec les faits :

« […] le Chef de l’Etat m’a confié le soin de de vous rappeler l’engagement de la France en faveur de l’établissement d’une paix juste et durable au Proche-Orient, fondée sur un règlement final négocié qui permettra de créer un Etat palestinien souverain et viable, vivant en paix et en sécurité aux côté d’Israël » […]

 

Un lobby chrétien au Parlement européen pour la défense d’Israël

Logo Coalition Européenne pour IsraelLa CEI est la Coalition Européenne pour Israël. Ce sont des chrétiens évangéliques qui agissent au sein du Parlement européen pour tenter par tous les moyens légaux d’influencer les décisionnaires. « La coalition a été officiellement lancée en mars 2003 à Bruxelles, bien que les organisations partenaires chrétiennes aient travaillé ensemble en réseau depuis des années déjà. La CEI vise à informer les membres du Parlement européen et autres dirigeants politiques à Bruxelles et dans d’autres capitales européennes sur les réalités complexes du conflit au Moyen-Orient en défendant le droit d’Israël d’exister dans des frontières sûres ».

 

Une vision chrétienne pour cette année 2015  (Global Prayer Call)

– Il y a 70 ans en Europe, prit fin la plus grande tragédie de l’histoire humaine, la Shoah. Le 27 janvier 1945, le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau fut libéré. Les 8 et 9 mai 1945, l’Allemagne Nazie fut enfin vaincue.

– Aujourd’hui Israël est à nouveau menacée d’une seconde Shoah – de manière active, par des nations qui veulent voir ou même contribuer à la destruction tant attendue d’Israël ; de manière passive, par des nations parfois antisémites, ou simplement ignorantes voire indifférentes face à la réalité de ces menaces.

– Notre vision, en tant que chrétiens européens, est d’encourager les chrétiens, les églises, les mouvements et réseaux d’une multitude de nations à intercéder, jeûner et prier pour la relation de leur pays avec Israël.

– « 70 » est un chiffre biblique, porteur d’un grand potentiel et de promesses très précises. Nous croyons qu’une occasion unique de prier pour les nations s’offre à nous : la saisir, c’est devenir une bénédiction (encore plus grande) pour Israël et une force (encore plus agissante) contre la terrible menace de cette seconde Shoah.



Etre des « Esther » priante et agissante !

Avec la menace d’un Iran qui étrangement, nous rappelle la Perse de Haman, avec l’émergence d’un Islam conquérant et barbare, l’Amalek des temps derniers, nous voyons l’absolue nécessité de travailler ensemble, Juifs et chrétiens.

Chrétiens, soyons sionistes… « pour l’amour de Sion » (Es 62).

« Tu te lèveras, tu auras pitié de Sion ; Car le temps d’avoir pitié d’elle, le temps fixé est à son terme ; Car tes serviteurs en aiment les pierres, ils en chérissent la poussière. Alors les nations craindront le nom de l’Eternel, et tous les rois de la terre ta gloire. Oui, l’Eternel rebâtira Sion, Il se montrera dans sa gloire » – Ps 102



Palestinisme… et substitution

8 février 2015
Pasteur Gérald Fruhinsholz

 Je suis Israël !Nous voyons aujourd’hui l’ennemi déployer toutes ses forces pour discréditer Israël – cette bataille fait rage, avec notamment la volonté d’établir la Palestine au coeur du pays. La bataille se situe :

–  au niveau politique, avec le discours onusien tirant des missiles avec ses innombrables « résolutions »,

– au niveau militaire, avec les guerres et le terrorisme, menés par les pays voisins et autres organisations terroristes soutenues par l’Iran, le Qatar, la Turquie…,

– et au niveau spirituel, avec le concours crédule ou sournois d’une partie de la Chrétienté.


Nous savons combien le monde aspire à voir se créer l’Etat de Palestine… au milieu de l’Israël biblique, dans les monts de Judée-Samarie. Douce illusion ou stratégie diabolique ?… Chacun sait l’impossibilité d’une telle création pour un peuple divisé entre le Fatah et le Hamas qui se haïssent. Les objectifs du Hamas sont pour le moins limpides:

Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, a prononcé le 8 déc 2012 un discours à Gaza, à l’occasion de la commémoration des 25 ans d’existence du Hamas. L’appel à la destruction d’Israël est formulé comme un appel à la libération de toute la Palestine : « Libérer la Palestine, TOUTE la Palestine est une obligation, un privilège, un objectif et un but. […].
Le Djihad et la « résistance » armée sont le moyen véritable et exact de cette libération et de la restauration de nos droits […]. La Palestine est et a toujours été arabe et islamique. Depuis toujours la Palestine est nôtre, c’est la terre des Arabes et de l’islam »
.
 

Que dit la Bible ?

Il est extraordinaire de voir combien la Bible est actuelle – il suffit de lire les chapitres 35 et 36 du livre d’Ezéchiel pour comprendre ce que Dieu pense de la situation. Dieu s’adresse par la voix du prophète à « la montagne de Seir » que l’on peut identifier comme les partisans d’une Palestine : « Tu as affirmé : ‘Les deux nations, les deux pays seront à moi, nous en prendrons possession’, alors que l’Eternel était là. C’est pourquoi – aussi vrai que Je suis vivant, déclare le Seigneur, l’Eternel – J’agirai avec la colère et l’acharnement dont tu as fait preuve dans ta haine contre eux. Ainsi Je me ferai connaître au milieu d’eux, quand Je te jugerai » – Ez 35:10.

Dieu ordonne alors à Ezéchiel de prophétiser sur les nations, l’Occident, complice de cette tentative de spoliation  : « Prophétise et dis : Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : Oui, parce qu’on a voulu de toutes parts vous dévaster et vous engloutir, pour que vous soyiez la propriété des autres nations, parce que vous avez été l’objet des discours et des propos des peuples… ». 

 

Où en est l’Eglise ?

Il existe aujourd’hui un courant, en parallèle avec l’appel au boycott d’Israël par de multiples dénominations chrétiennes, équivalant à la théologie de remplacement d’Israël par l’Eglise qui perdure depuis Marcion (1). Cette doctrine porte différents noms – théologie de substitution, supersessionisme, et plus récemment, théologie de l’accomplissement ou de l’alliance.

Cette théologie dénie à Israël toute légitimité de l’héritage de la terre et des promesses bibliques. Selon cette pensée pernicieuse, ce n’est plus l’Eglise qui prend la place d’Israël, mais c’est Jésus lui-même. Je cite Hans-Peter Lang, Président de « Prière pour la Suisse », qui dénonce cette doctrine : « Par sa vie et par son oeuvre de salut, Jésus aurait accompli toutes les promesses autrefois faites par Dieu aux Juifs, y compris celle que le pays de Canaan sera donné pour toujours au peuple juif. Jésus est le pays promis ». Lire son appel, sur le pdf ci-joint.

 

Nicolas Thomas Wright, ex-évêque anglican et professeur de NT à l’université St.-Andrews en Ecosse est le représentant influent de cette nouvelle doctrine. Heini Schmid, un professeur de l’université de Berne a écrit : « selon Wright, la mort et la résurrection [de Jésus] ne constituent pas seulement le tournant du destin d’Israël, le retour définitif de l’exil : la mort de Jésus est la mort d’Israël. Cela signifie que le rôle d’Israël dans l’histoire du salut est ainsi définitivement accompli et terminé ».


Les promesse pour Israël demeurent – la Judée-Samarie sont à Israël

Il importe de ne pas tomber dans le piège de cette théologie mensongère qui a un lien direct avec la volonté de créer au coeur d’Israël un Etat terroriste qui serait « la Palestine », ayant comme capitale Jérusalem. En accord avec Ezéchiel 35 et 36, proclamons au contraire qu’Israël est toujours la nation choisie de Dieu, héritière des promesses divines. Proclamons que sa terre donnée en héritage est toujours d’actualité, car l’alliance faite avec Abraham est éternelle et inconditionnelle:

« L’Eternel dit à Abram : Lève les yeux, et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l’orient et l’occident ; car tout le pays que tu vois, Je le donnerai à toi et à ta postérité pour toujours. Je rendrai ta postérité comme la poussière de la terre… Lève-toi, parcours le pays dans sa longueur et dans sa largeur ; car JE te le donnerai » – Genèse 13:14-17
Notons que l’alliance en faveur d’Israël fut confirmée à Isaac et Jacob : « Je te donnerai le pays que J’ai donné à Abraham et à Isaac, et Je donnerai ce pays à ta postérité après toi » – Gen 35:12
 

« Ne soyons pas des Balaam ! »

Soyons conscients de l’enjeu de l’orientation de notre foi concernant ce sujet si précieux. Israël est le paramètre des derniers temps ; notre foi sera jugée à l’aune de ce que nous pensons d’Israël. L’apôtre a averti l’Eglise de ne pas tomber dans l’arrogance, et l’a prévenue de ne pas ignorer « le mystère » d’Israël.  Ne soyons pas des Balaam, et bénissons Israël ! Prions pour demeurer « dans l’amour de la vérité ».

« Le mystère de l’iniquité agit déjà … [il agit] avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge… » – 2Thess 2 :8-12.



(1) D’après Marcion (2e siècle), le Dieu hébreu de l’Ancien Testament – Dieu de la Loi – est un ‘dieu’ différent, séparé et secondaire par rapport au Dieu de miséricorde et d’amour du Nouveau Testament. Cette croyance est proche du mouvement gnostique chrétien, étant fortement dualiste dans sa conception de dieux, de forces et de principes s’opposant l’un l’autre: l’un supérieur, spirituel et bon et l’autre inférieur, matériel et mauvais.