Gérald & Sophie et Cédric Fruhinsholz
5 octobre 2005

 

C’est le 17 août 2005, jour du grand événement du « Retrait de la Bande de Gaza », que nous sommes arrivés en Israël. Nous avons atterri à l’aéroport Ben-Gourion, à 5h du matin. Nous avions vu le soleil se coucher à Paris, et sur la route de Jérusalem, nous le voyons en train de se lever ! Symboles prophétiques forts : le temps des nations qui arrive à son terme et le soleil ‘messianique’ qui émerge de l’horizon sur la terre sainte. Soudain, en haut de la longue montée menant à Jérusalem, au-dessus de la ville, ce même soleil, cette fois-ci comme une boule de feu – n’est-ce pas une image du jugement à venir ?…

 

 Un drame vécu en direct

Nous avons donc vécu en direct les terribles moments du désengagement d’Israël de cette bande de terre vierge du Goush Katif que les Israéliens avaient défriché sitôt après la guerre défensive des « Six-Jours ». C’étaient de beaux villages, de belles implantations, qui avaient été créés par des Juifs croyants en Celui qui leur a donné la terre en héritage. De nombreuses entreprises donnaient du travail à près de 10.000 Palestiniens. Aujourd’hui, tout cela est du passé, tout est détruit, saccagé. Pour des raisons de politique intérieure, le gouvernement israélien a cru bon de se défaire de cette bande de terre qui coûtait trop cher et mobilisait trop de soldats pour défendre les milliers de Juifs du Goush Katif – pragmatisme, besoin de sécurité, mais aussi pression des nations qui déclarent que cette terre appartient aux Palestiniens. Nous verrons ce que ces derniers vont faire de ce nouvel « héritage ».

Nous avons pleuré en voyant les images des jeunes soldats et soldates pleurant dans les bras de ceux et celles qu’ils devaient déloger et forcer à partir. Nous avons vu toute la dignité du peuple juif, qui n’a pas saisi les armes pour défendre cette terre qu’ils considéraient leur, une terre qu’ils avaient fait fructifier dans l’effort et la sueur mais aussi dans la joie. La loi ottomane ne disait-elle pas que la terre appartenait à ceux qui savaient la faire fructifier ?…

Aujourd’hui, ces défricheurs juifs sont des réfugiés dans leur propre pays, dispersés jusqu’à ce qu’on leur donne un autre bout de terre, de désert, à faire revivre et porter du fruit. Auront-ils le courage de tout recommencer ? Les Palestiniens, eux, ont détruit rageusement les lieux saints et les belles serres qui faisaient vivre les leurs. Vont-ils construire eux-mêmes à présent et convaincre le monde que l’acte courageux d’Israël de ce désengagement en vue d’apporter la paix n’aura pas été vain ? L’avenir le dira et le monde jugera, mais je crois que D.ieu aussi jugera ceux qui ont poussé Israël à quitter leur héritage.

 

 Parler la langue et s’établir

Si nous sommes venus en Israël, c’est pour être volontaires - « midnadvîm » en hébreu – dans diverses associations. En tant que « touristes » – c’est notre statut actuel – nous ne pouvons de toute façon pas prétendre à un travail rémunéré. Notre premier travail finalement se résume à apprendre la langue sans laquelle nous ne pourrions être d’une grande aide… Et nous voilà tous les trois devenus « des élèves » dans l’OULPAN Morasha, à deux pas de notre nouvel appartement, avec comme autres co-étudiants une trentaine de Juifs de France. Magnifique occasion de partir d’un même pas avec ceux qui quittent leur pays natal pour différentes raisons, la plupart pour des raisons de sécurité et d’avenir pour les enfants. Les difficultés ne manquent pas pour les Juifs qui font leur alyah, même si des facilités sont offertes avec des gratuités et des prêts, etc… Il y a un changement radical de culture, de façon de vivre, de climat… Il faut trouver du travail ou bien se former pour un autre métier, trouver des écoles pour les enfants, et s’investir à beaucoup de points de vue. Il est nécessaire de toute façon de s’armer de beaucoup de volonté pour s’établir en Israël, une grande motivation… et une foi à toute épreuve !

 Pour nous qui sommes des chrétiens issus des nations, il y a aussi une intégration à faire ou du moins une installation. La Bible dit que nous avons été « greffés » sur l’olivier franc qui est Israël, et donc pouvons prétendre en quelque sorte avoir le statut « d’adoptés » au sein de la société israélienne. Pour tous ces non-Juifs dont nous sommes, et pour ce qui est du droit d’être en Israël et d’y vivre, nous pouvons nous référer au Tanakh :

 « D.ieu sauvera Sion, et bâtira les villes de Juda ; on s’y établira et l’on en prendra possession.
La postérité de ses serviteurs en fera son héritage,
Et ceux qui aiment Son nom y auront leur demeure. » (Ps.69 :36-37)

 

 Nous aimons « Son nom » et nous resterons « Ad che yavo haMashia’h » - jusqu’à ce que vienne le Messie !

 




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