22 septembre 2014
Pasteur Gérald Fruhinsholz


Nous avons eu l’occasion la semaine dernière de faire un tioul nous permettant de visiter trois écoles d’Amit dans le sud d’Israël, et d’avoir un contact direct avec des élèves ayant vécu les roquettes durant tout l’été. Ils ont témoigné…

 

Judith Schwed-Lion avec une élève

Les habitants du sud d’Israël, près d’un million de personnes, ont jusqu’à présent été les plus touchés par les tirs de roquettes Qassam en 2008 et 2012. Cet été, avec les missiles de plus longue portée, c’est tout Israël qui a été menacé. C’est pourquoi, même si le gouvernement israélien a nommé ce conflit l’Opération « Bordure protectrice » (Tzuk Eytan), on peut parler de guerre… Et dans une guerre, il y a des morts et des blessés, mais aussi ce qu’en Israël, on appelle des « blessés de peur », parmi les jeunes notamment qui ont subi un traumatisme. Les élèves israéliens du réseau AMIT ont été parmi ces blessés.

 

KYRIAT MALAKHI – « la ville des anges », créée en 1951, est à 17 km d’Ashkelon ; elle a accueilli un grand nombre d’immigrants juifs d’après-guerre, puis sont venus les immigrants russes et éthiopiens. Le Lycée repris par Amit accueille 490 élèves répartis dans les trois sections – yechiva (garçons), oulpana (filles), et Mekif (équivalent d’école laïque). 

Le directeur, Asaf, nous a reçus avec chaleur, et a donné la parole à des jeunes qui ont exprimé leurs sentiments suite à la récente guerre de Gaza, ayant vécu celle-ci comme un traumatisme. Comme toutes les villes du sud, Kyriat Malakhi a subi le tir des roquettes et missiles chaque jour durant près de deux mois.

Ces tirs répétés précédés des sirènes (tseva adom – alerte rouge) donnant quelques secondes pour chercher un abri, a laissé des traces durables dans le cœur de ces jeunes élèves. Le stress occasionné est une cause de dépression et de maladies post-traumatiques. Il y a ainsi un gros travail de thérapie à poursuivre.
 

SDEROT

Concernant Sderot, 14 ans sous le feu des roquettes, la municipalité a demandé à AMIT de prendre en main tout son réseau éducatif. Sderot, c’est la ville emblématique des villes du sud d’Israël ayant subi la hargne destructrice du Hamas. Pouvons-nous imaginer ce que représente une telle situation de menace permanente ?…

Toutes les écoles à Sderot sont protégées, comme on le voit sur cette photo de l’école AMIT, avec sa couverture de béton.

Une terrible tragédie put cependant être évitée, grâce à D.ieu : un jour où la sirène d’alerte retentit, le directeur eut quelques secondes pour faire rentrer précipitamment tous les élèves – un temps très court pour n’oublier personne. Le missile explosa là où quelques instants plus tôt se tenaient les enfants. Le directeur et des élèves furent projetés par le souffle de l’explosion… mais, ils étaient tous sain et sauf ! Ce jour-là, une des professeurs nous disait ne pas pouvoir s’empêcher de penser en tremblant : « Et s’ils n’avaient pas couru assez vite… ».



ASHDOD 

A Ashdod, nous avons visité le lycée Mekif Youd, de 750 élèves, qui accueille également de nombreux immigrants – cette année 140 jeunesOlim sont venus de France.

Céline nous a chaleureusement reçus, ainsi que Ido, le directeur, ancien gradé de l’armée. Ido a été appelé comme réserviste cet été, et il a organisé la rentrée de septembre, du front ! C’est ça Israël.

Ido est un véritable modèle pour les élèves du lycée ; depuis son arrivée il y a 3 ans, il inculque le travail, la discipline, la volonté d’aller de l’avant malgré les handicaps, la volonté de réussir et d’être un acteur dans la société israélienne. Il a pu faire grimper le taux de réussite au Bac du lycée, de 82 % à 98 % !


AMIT a dû développer une section de « chasseurs de têtes » pour rechercher des directeurs et professeurs, qui ont le « feu sacré », sachant quitter un poste lucratif pour relancer une école, lui donner le dynamisme nécessaire, et permettre à des élèves de toute catégorie sociale, de viser plus haut et plus loin. C’est la vision d’AMIT, celle de promouvoir l’excellence, au travers des valeurs sionistes, de l’amour de la terre et du pays, l’amour de la Torah et des valeurs juives.

Tandis que l’école fête joyeusement l’arrivée de Noa, de Strasbourg, avec la dernière aliyah, les jeunes pleurent encore la disparition de Ben, mort au combat à Gaza – il avait 20 ans et venait d’avoir son bac…


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AMIT – 90 ans de bons et loyaux services : Amit va fêter ses 90 ans d’existence en Israël. Cette organisation sioniste a été fondée en 1925 par Bessie Gottesfeld, une femme juive américaine. Bessie Gottesfeld avait une vision sioniste, en achetant des terres dans ce pays et en créant des écoles et des institutions pour donner une formation professionnelle aux filles et, plus tard, aux garçons.

Actuellement AMIT gère 110 établissements sur tout Israël, de Roch Pina à Beersheva. Des ganou jardins d’enfants, des écoles primaires, des lycées, des lycées techniques, des écoles professionnelles, des lycées yeshiva (études religieuses) pour les garçons, le pendant pour les filles, appelé oulpana, des instituts supérieurs pour compléter l’éducation professionnelle après le bac (2 ans).

AMIT éduque et prend soin des enfants les plus vulnérables d’Israël. Plus de 75% des 30 000 élèves de ce réseau doivent se débattre avec des problèmes éducatifs, psychologiques, sociaux et économiques.


Chana tova à tous nos amis d’Israël et de diaspora,

Gérald & Sophie, et l’équipe de Shalom Israël



 

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