5 août 2013
Pasteur Gérald Fruhinsholz


« Dans 5 ans peut-être, dans 50 ans certainement… ».

Ces mots furent ceux de Theodor Herzl devant un parterre de 204 délégués des communautés juives d’Europe centrale, au Premier Congrès  sioniste de Bâle, en août 1897.

Par ces mots, Theodor Herzl est devenu le « Prince d’Israël », car, contre toute attente, ces paroles se sont réalisées…  Dans son journal, Herzl (1) écrit : « Si je devais résumer le Congrès de Bâle en un mot, ce serait celui-ci : à Bâle j’ai fondé l’Etat Juif ». 


Mais qui sait que Theodor Herzl eut besoin d’un humble chrétien, pour lui faire comprendre que D.ieu avait Sa main sur lui pour la création de l’Etat hébreu et la restauration de Sion, et qui fut utilisé par D.ieu pour lui ouvrir les portes des grands de ce siècle ?… Un homme versé dans les Écritures, qui mieux que lui connaissait l’exactitude des temps prophétiques ?…


Parlons de Theodor Herzl : il est né en 1860 à Budapest, et mort en 1904.

Journaliste et écrivain juif austro-hongrois, Theodor fonde le mouvement sioniste au congrès de Bâle en 1897 ; il est l’auteur de Der Judenstaat (« L’État des Juifs ») en 1896. En somme, Theodor Herzl est le prophète des temps modernes en ayant eu la vision d’un Etat capable d’accueillir les Juifs du monde entier. « L’Affaire Dreyfus » en France, symbole d’un antisémitisme violent, a été pour Theodor, le choc décisif.

« Le Prince et le prophète »

Le livre du pasteur Claude Duvernois est une biographie intéressante, car elle révèle un aspect méconnu de la vie du grand Theodor Herzl. Ce témoignage démontre combien la place d’un chrétien au côté de Herzl fut déterminante. Le révérend William Hechler était chambellan de Cour, et il put, grâce à ses connaissances personnelles, ouvrir au « Prince d’Israël » les portes des rois.
André Chouraqui, qui préfaça en 1965 le livre du pasteur Duvernois, n’hésite pas à faire la comparaison avec le couple Moïse/Jethro : « Moïse avait eu à ses côtés Jethro, le prêtre de Madian. C’est un chrétien, le chapelain de l’Ambassade britannique à Vienne, qui se dresse à la droite de Herzl et qui, du début à la fin, l’accompagne […] ». 

De même, docteur Ali Menjour : « Hechler avait deviné par sa connaissance de la Bible et par des calculs inspirés, la date de 1897 comme étant la date de  »l’aube de la restauration ultime d’Israël »Théodore Herzl représentait pour une grande majorité de contemporains et même de rabbins  »un dangereux énergumène », mais cet homme choisi de D.ieu fit cette superbe déclaration : « A Bâle, j’ai fondé l’Etat juif ! Si je disais cela à présent je serais accueilli par un éclat de rire universel. Dans 5 ans peut-être, dans 50 ans certainement, la chose sera devenue claire pour tout le monde… ». 
 
Le 29 novembre 1947 lui donna raison – 50 ans après la prédiction d’Herzl, Israël renaissait. La rencontre entre Herzl et Hechler eut lieu en mars 1896 :
« Après avoir grimpé quatre étages dans l’immeuble où résidait Hechler, Herzl fut accueilli au son de l’orgue… Tout juste après avoir souhaité la bienvenue au  »fils de Sion » comme il se plaisait à qualifier Herzl, le révérend Hechler étala un plan de l’ancien temple de Jérusalem et une immense carte de la Palestine pour expliquer à son hôte le lieu où devait s’ériger le nouveau temple… Depuis cette rencontre, Hechler n’a pas quitté Herzl et n’a pas hésité un moment à lui ouvrir les portes des chancelleries allemandes et austro-hongroises. Ayant été précepteur à la Cour du Grand Duc Frédéric de Bade, l’oncle de l’empereur Guillaume II, le révérend Hechler, dont le père était allemand, avait su garder avec son ancien maître des relations pleines de déférence. Ne s’étant jamais servi de ces relations à des fins personnelles, il les a utilisées pour ce qu’il considérait être la cause de son existence ».
 

Un homme original mais providentiel

William Hechler, habillé en bédouin

« Selola Bible, les Juifs doivent retourner en Palestine. Par conséquent, je viens en aide à ce mouvement, en tant que Chrétien pleinement convaincu de la vérité de la Bible. Car cette cause est la cause de Dieu » – révérend William Hechler.

 
Lisons le témoignage de Jerry Klinger, président de la « American Jewish Society for Historic Preservation » (2) : «Le sionisme politique et l’état moderne d’Israël est en grande partie né de la volonté farouche de Theodor Herzl. Mais s’il n’y avait eu un chrétien à ses côtés, Herzl serait resté un obscur écrivain autrichien excentrique. On a pour ce pasteur Hechler qui a été oublié, une vraie dette».

le pasteur William Hechler et ses enfants

« Hechler est resté aux côtés de Herzl durant les six années de la lutte infructueuse pour un Etat juif. Quand Herzl était mourant en juillet 1904, Hechler était à son chevet. Theodor Herzl souhaitait que William Hechler fut honoré par le mouvement sioniste, pour tout ce qu’il avait fait pour le peuple juif.

… Hechler est mort dans la misère à Londres, oublié par les hommes, en janvier 1931. La communauté juive de Vienne pensa ériger une statue pour lui en 1934. Mais les ténèbres de la Shoah commençait déjà à se répandre, et la statue fut oubliée. Ce qui est terrible, c’est que William Hechler avait prédit qu’une terrible calamité s’abattrait sur les Juifs, si un Etat juif n’était pas créé… ».

 

Personnellement, je dois beaucoup à Claude Duvernois. Ce pasteur qui vit de ses yeux en 1967, durant la guerre des Six-jours, la « muraille de feu » divine (Zacharie 2:5) autour de Jérusalem, sut transmettre avec son livre (il en a écrit de nombreux autres) la vision sioniste. En tant que chrétien et ami d’Israël, je ne peux que souligner l’importance de ce couple prophétique incarné par Herzl et Hechler. Claude Duvernois habite près du mont Herzl, et son voeu le plus cher est bien sûr de voir que Theodor Herzl et William Hechler soient enfin réunis dans la Jérusalem qu’ils ont tant aimé.

Que son vœu soit exaucé…
Gérald Fruhinsholz


(1) Venez visiter le musée HERZL au mont Herzl, ça vaut la peine ! (25 nis – réserver à l’avance).

(2) « En avril 2010, la Société juive américaine « for the Historic Preservation », a découvert la tombe abandonnée du pasteur Hechler, à Londres. Avec la Communauté chrétienne sioniste de Grande-Bretagne, et avec l’espoir d’un soutien juif, le désir de Herzl pourrait être respecté, si l’on érigeait une pierre tombale qui honore le ministre chrétien qui a rendu Herzl et le Sionisme politique légitime » (J. Klinger).



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