Il est difficile de ne pas discerner en notre temps, les « jours derniers » annoncés par les prophètes. Plus que jamais, Jérusalem apparaît comme « la pierre pesante », selon la parole de Zacharie : « Je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les peuples ; tous ceux qui la soulèveront seront meurtris » (Zach 12.3).
Cette parole est d’une actualité saisissante. Toutes les nations sont concernées – pas seulement les ennemis déclarés d’Israël. La « blessure » ne vient pas d’une agression de Jérusalem, mais de la tentative persistante des nations de la redéfinir ou de la contrôler. En réalité, ce sont elles qui se meurtrissent elles-mêmes.
Des pieds de fer et d’argile
Un autre prophète, Daniel, décrit dans le songe du roi Nébucadnetsar une statue composée de différents matériaux représentant une succession d’empires. Dans une lecture prophétique et eschatologique, cette statue symbolise le système mondial dans son ensemble.
Or, le point de faiblesse de cette statue se situe précisément dans ses pieds, faits d’un mélange instable de fer et d’argile. Une pierre, détachée sans le secours d’aucune main humaine, vient les frapper, provoquant l’effondrement total de l’édifice (Daniel 2). Daniel précise : « Le fer ne se mêle pas à l’argile ».
Il s’agit d’une alliance contre-nature. Le texte parle d’un dernier royaume où les peuples seront « mêlés par des alliances humaines, mais ne seront pas unis ». De nombreux commentateurs discernent dans le fer les nations occidentales, et notamment l’Europe, tandis que l’argile représente des forces idéologiques incompatibles avec elles. Daniel ne nomme ni l’Europe, ni l’ONU, ni l’islam. Mais le principe prophétique, lui, est limpide.
L’immigration musulmane
L’immigration musulmane vers l’Europe, telle qu’on la connaît aujourd’hui, n’est pas un phénomène récent, mais un processus engagé sur plusieurs décennies. Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux pays européens ont fait appel à des « travailleurs invités » pour reconstruire leur économie. Beaucoup venaient de pays à forte population musulmane (Maroc, Algérie, Turquie, etc.).
Une accélération brutale s’est produite entre 2011 et 2016, à la suite des conflits en Syrie, en Irak, en Afghanistan. En 2015, l’Union européenne a enregistré environ 1,3 millions de demandes d’asile, majoritairement issues de pays à forte population musulmane.
Même si le flux s’est ralenti après 2016, il n’y a jamais eu de retour en arrière.
Ainsi, l’argile est désormais profondément mêlée au fer. Plusieurs dizaines de millions de musulmans vivent aujourd’hui en Europe, bouleversant l’équilibre culturel, spirituel et civilisationnel d’un continent historiquement façonné par le judéo-christianisme.
La pierre placée en Sion
La pierre qui fait tomber la statue de Nébucadnetsar est d’origine divine. Elle est placée en Sion, et elle est indissociable d’Israël. « Voici, je mets en Sion une pierre d’achoppement et un rocher de scandale » (Ésaïe 8 14 ; 28 :16).
Tous ceux qui refusent la légitimité biblique d’Israël se placent face à cette pierre. Depuis la création de l’État hébreu, Jérusalem n’a jamais été véritablement acceptée par les nations comme la capitale d’Israël, éternelle et indivisible.
La volonté persistante de l’ONU et de la communauté internationale d’imposer un État palestinien et une Jérusalem divisée, combinée au projet idéologique de l’islam radical visant à l’élimination du peuple juif, constitue une union de pensée destructrice.
Et l’Iran aujourd’hui
À propos des hésitations occidentales face à l’Iran, Pierre Rehov (jforum.fr) écrit que le véritable danger n’est pas tant l’effondrement du régime iranien que les conséquences idéologiques d’une action décisive, lesquelles obligeraient de nombreux États arabes à sortir de leur ambiguïté stratégique.
Depuis la révolution islamique de 1979, l’Iran n’est pas seulement un acteur régional instable. Il constitue le noyau idéologique et opérationnel de l’islamisme militant moderne au Moyen-Orient. Malgré les divergences religieuses internes à l’islam, le régime des ayatollahs sert les intérêts globaux du monde musulman face à Israël.
Ainsi, les nations – unies dans leur volonté d’imposer une solution politique conduisant à l’effacement d’Israël – et l’islam, animé par le désir idéologique de voir disparaître l’État juif, participent à ces « alliances humaines » annoncées par le prophète Daniel.
Mais la Parole est formelle : le mélange du fer et de l’argile ne peut tenir. Cette alliance est instable, fragile, vouée à l’échec. À terme, elle se brisera.
Car la pierre placée en Sion demeure. Et ce ne sont pas les nations qui jugeront Jérusalem, mais Jérusalem qui éprouvera les nations.