Archives pour avril, 2013

Quand la sonnerie retentit …

15 avril 2013
Pasteur Gérald Fruhinsholz


Quand les événements s’entrecroisent …


Hier à 20h, la sonnerie a retenti, c’est Yom hazikaron – le souvenir des morts en Israël au travers des guerres et des attentats ; tant de tragédies pour un si petit pays. Y a-t-il une seule famille en Israël indemne, d’un fils, une fille, un père, mort lors de la guerre, ou dans un bus ayant explosé ?…
 
Ce soir, c’est Yom Ha’atsma’out, le Jour de l’Indépendance d’Israël – le 5 Iyyar 5708/ 15 mai 1948 (1). Glorieux jour tant attendu après 2000 ans d’errance, après que les Juifs aient été persécutés, pourchassés, exilés. Miracle, après la Shoah qui a vu le tiers de la communauté juive disparaître dans les camps de la mort.
 
Et hier soir – était-ce calculé, ou pure coïncidence ? – est passé un film sur France-2 :« Elle s’appelait Sarah ». Ce film remarquable nous parle des événements du Vel’ d’Hiv’, de Beaune-la-Rolande, de Drancy, de ces lieux porteurs d’horreurs qui ont entaché l’image de la France. Ce film retrace l’histoire terrible d’un enfant caché dans un appartement parisien, mort dans sa cachette, et de sa soeur Sarah qui l’avait caché aux policiers français venus rafler la famille. Sarah put s’échapper du camp et elle vivra toute sa vie avec ce poids sur le coeur. Elle se suicidera au bout du compte.
 

Histoire … Les 16 et 17 juillet 1942, la Police française a ordonné méthodiquement la rafle des Juifs de Paris pour les parquer dans le Vélodrome du Vel’ d’Hiv. Ce bâtiment n’existe plus, il n’y a plus de trace, si ce n’est ce panneau (voir ci-contre). Par contre, le siège du Ministère de l’Intérieur a été érigé à la place du lieu maudit… Bizarrerie ou humour macabre ? Chaque année sur les quais, non loin du site du Vel’ d’Hiv, a lieu une cérémonie du souvenir, sur l’initiative du rabbin  Daniel Fahri et de Serge Klarsfeld – des noms sont égrenés lentement, des noms prononcés pour ne pas les oublier, les noms des Juifs disparus.
74 convois ferroviaires sont partis pour Auschwitz…
76 000 déportés juifs de France ne reviendront pas…
 

Et aujourd’hui l’Etat hébreu existe ! malgré l’opprobre et l’opposition des nations – ‘Am Israel ‘hai – le peuple d’Israël est vivant ! Israël est à la pointe des progrès technologiques, mais également celle de la démocratie, malgré un environnement hostile et des peuples ne désirant que sa perte. La nation-Israël reste fière et digne dans sa capacité de faire face à tous les événements. Son désir de paix ne la quitte pas, ni son espérance.
 
Pourquoi l’histoire du peuple juif/Israël est-elle liée à autant de tragédies ?… Demandons aux prophètes, porte-paroles du Dieu de Jacob. Malgré tout ce que vécut la nation de son temps avec les invasions, les destructions, et les exils forcés, Jérémie était cependant habité par l’espoir ; il savait que les enfants d’Israël reviendraient un jour – il en avait l’espérance, et une certitude issue d’En-haut :
« Ainsi parle l’Eternel : Retiens tes pleurs, retiens les larmes de tes yeux ; Car il y aura un salaire pour tes œuvres, une compensation pour tes peines, dit l’Eternel ; Ils reviendront du pays de l’ennemi. Il y a de l’espérance pour ton avenir, dit l’Eternel ; tes enfants reviendront dans leur territoire » – Jér 31:17
 
C’est ce qui fait la force d’Israël, et qui fait que ce peuple-nation si particulier – qadosh, mis à part – ferme dans la foi d’Abraham, Isaac et Jacob, a survécu. C’est pourquoi, Israël continue à apporter au monde la bénédiction que D.ieu  a placée sur lui.
 

 « Lorsqu’ils traversent la vallée de Baca (des larmes), ils la transforment en un lieu plein de sources, et la pluie la couvre aussi de bénédictions. Leur force augmente pendant la marche, et ils se présentent devant Dieu à Sion » – Ps 84

 

Yom houledet samea’h – bon anniversaire, Israël !


(1) Ainsi prenait fin une parenthèse de près de 2553 ans depuis la destruction du premier Temple en -586 (un 9 Av) par Nebucadnetsar, roi de Babylone… Jésus prédit également ce temps de mépris des nations, jusqu’à ce que Jérusalem soit à nouveau capitale d’Israël : « Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis » – Luc 21 :24



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Yom hashoah 2013 – Faire le deuil…

8 avril 2013
Pasteur Gérald Fruhinsholz


Nous nous trouvons devant une magnifique vallée, la journée est ensoleillée, mais l’émotion et les larmes sont là également, lors de cette nouvelle commémoration de la Shoah. Cela se passe  près de Jérusalem, à Roglit, le site du souvenir des 80.000 Juifs déportés de France, assassinés dans les camps de la mort – la cérémonie est organisée par les « Fils et Filles des Déportés Juifs de France ».


Les autorités françaises sont présentes – l’Ambassadeur Christophe Bigot et les différents consuls établis en Israël. Sont présents également l’avocat Arno Karsfeld, et une assistance nombreuse venue de Jérusalem, Tel-Aviv, Netanya. Ces amis juifs de France à présent israéliens, ont tous été touchés par la Shoah – rescapés, enfants de rescapés, enfants cachés… personne n’est indemne de cette tragédie, et porte cette blessure qui ne se fermera jamais.


Dans son discours inaugural, l’Ambassadeur Christophe Bigot ne peut retenir son émotion, évoquant l’horreur de la Shoah, la folie de la « Solution finale », la méconnaissance de cet monstruosité malgré la quantité de livres et de films ; il dira également que l’antisémitisme (en France) n’est pas mort aujourd’hui, il refait surface… (voir la vidéo ci-contre).

Arno Klarsfel, a témoigné de l’arrestation de son grand-père (Arno) à Nice, où de nombreux Juifs furent raflés par les Nazis (sans participation de la Préfecture et Police française !). Ayant fait un faux plancher dans la penderie, le grand-père de Arno a pu ainsi sauver sa famille, mais ne revint jamais d’Auschwitz… Le père d’Arno, Serge Klarsfeld (1),

 

Robert Spira témoigna également : il avait 5 ans lorsque son père fut raflé. Dans un discours émouvant, Robert répond à son papa qui avait promis de lui écrire. Il décrit ce que son père a dû  vivre à Auschwitz, les horreurs innommables du camp, où chaque seconde vécue était une seconde gagnée contre la mort… « Le travail rend libre (2)… libre de mourir ». Robert évoque aussi le Vel d’Hiv’, en 1942. « Ce policier, pourquoi il nous a sauvés ? C’est une question dont je n’ai pas la réponse… ».

 

Roglit, pierre tombale des 80 000 Juifs français

Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France est situé dans la forêt de Beth-Shemesh, près du moshav Neve Michaël, dominant la vallée du Ellah. Il a été inauguré le 18 juin 1981. Sur le mur immense sont inscrits les 80.000 noms.

Le Mémorial est sur un terrain du KKL, dans une Forêt du Souvenir plantée par l’Association, et les 80.000 arbres ont été plantés à la mémoire des 80.000 Juifs déportés de France.

 
Chaque jour, le nombre des rescapés de la Shoah diminue. Les témoins disparaissent… et nous devons nous souvenir – « Les oublier serait les tuer une deuxième fois », dira Robert Spira.

 

« Je consolerai les affligés de SION,
Je leur donnerai un diadème au lieu de la cendre,
une huile de joie au lieu d’un esprit abattu,
afin qu’on les appelle des térébinthes de la justice,
une plantation de l’Eternel, pour servir à Sa gloire » – Esaïe 61

 

(1) Arno est le fils de Beate et Serge Klarsfeld : Serge Klarsfeld (né le 17 septembre 1935 à Bucarest en Roumanie) est un écrivain, historien et avocat de la cause des déportés en France. Son épouse Beate (née Beate Künzel, en 1939 à Berlin) et lui sont connus sous le nom de « chasseurs de nazis », pour avoir emmené devant les tribunaux Klaus Barbie et avoir joué un rôle fondamental dans le procès Papon. Leur fils Arno Klarsfeld est avocat.
(2) « Die arbeit macht frei » (le travail rend libre), était inscrit à l’entrée du camp d’Auschwitz.

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Il vit et il crut… Pâque 2013

1er avril 2013
Pasteur Gérald Fruhinsholz


Ils ont commencé à arriver vers 6h00 dimanche matin au Jardin de la Tombe pour fêter la Pâque chrétienne. Les cultes se sont succédés – pour les Anglophones, les Scandinaves, les Coréens. Des milliers de chrétiens évangéliques de Jérusalem et d’ailleurs sont ainsi venus célébrer la résurrection de Jésus.

Le Jardin de la Tombe a été ouvert au public à la fin du 19e siècle, et le terrain fut acquis par un groupe de Protestants anglais. C’est aussi un protestant, le général Charles Gordon surnommé Gordon Pacha (1) en 1881, qui « découvrit » le Golgotha, un rocher en continuation du Mont Moriya où Abraham leva son couteau sur son fils Isaac. Situé au nord de Jérusalem (voir Lev 1:11) et à l’extérieur des murailles, tout près d’un jardin où se trouvait un tombeau neuf, ce site collait avec les détails des Evangiles : « Ils prirent le corps de Jésus, et l’enveloppèrent de bandes, avec les aromates, comme c‘est la coutume d’ensevelir chez les Juifs. Or, il y avait un jardin dans le lieu où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne encore n’avait été mis » – Jean 19:41.
 
Jésus et Flavius Josephe

Flavius Joseph a donné son témoignage à propos de Jésus : « En ce temps-là paraît Jésus, un homme sage, si toutefois il faut l’appeler un homme, car ; c’était un faiseur de prodiges, un maître des gens qui recevaient avec joie la vérité. Il entraîna beaucoup de Judéens et aussi beaucoup de Grecs ; Celui-là était le Christ. Et quand Pilate, sur la dénonciation des premiers parmi nous le condamna à la croix, ceux qui l’avaient aimé précédemment ne cessèrent pas. Car il leur apparut le troisième jour, vivant à nouveau ; les prophètes divins avaient dit ces choses et dix mille autres merveilles à son sujet. Jusqu’à maintenant encore, le groupe des chrétiens ainsi nommé après lui n’a pas disparu » (d’après le Testimonium flavianum, dont il existe plusieurs manuscrits datant du Moyen Âge).

 

Le Tombeau vide

La réalité du tombeau vide a été la preuve de la résurrection pour les apôtres. A l’aube du premier jour, les femmes puis les disciples ont tour à tour découvert la tombe ouverte et vide – les linges étaient pliés, et des anges pouvaient témoigner de cette glorieuse résurrection. Jean, « celui que Jésus aimait », malgré trois ans passés avec le Maître (Jn 13:23), eut besoin de voir pour croire en cette folle réalité : « Alors l’autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi ; et il vit, et il crut. Car ils ne comprenaient pas encore que, selon l’Ecriture, Jésus devait ressusciter des morts ».
La réalité de la résurrection est le fondement de la vie chrétienne. Elle démontre la victoire sur la mort et la puissance du péché, cloués à la croix comme le serpent d’airain avec Moïse. Elle apporte en nous la joie d’une espérance, celle d’une vie éternelle après la mort. Combien l’homme a t-il besoin de cet espoir dans notre monde actuel !
 

La résurrection et Israël

Un chrétien, à l’instar de l’apôtre Jean doit comprendre le lien entre la résurrection de Jésus et Israël. Lors de sa présentation au temple, le vieux Siméon s’exclama, prophétisant sur le bébé Yeshoua’ : « … Lumière des nations, et gloire d’Israël » – Luc 2:32. 

 

Si Christ a été « la lumière des nations », on doit malheureusement évoquer l’aveuglement des chrétiens concernant la réalité du peuple juif rejeté, nié et persécuté dans le monde. Comment ne pas voir la résurrection d’Israël, après la Shoah qui a vu la presque totalité des Juifs d’Europe exterminés, dans l’indifférence des nations dites chrétiennes ? Un parallèle saisissant est alors à faire avec la vision de « os desséchés » du prophète Ezéchiel, reçue 6 siècles avant J.C. (Ezéchiel 37:12-14) :

« Prophétise donc, et dis-leur : Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : Voici, J’ouvrirai vos sépulcres, Je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple, et Je vous ramènerai dans le pays d’Israël. Et vous saurez que je suis l’Eternel, lorsque J’ouvrirai vos sépulcres, et que Je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple ! Je mettrai mon esprit en vous, et vous vivrez ; Je vous rétablirai dans votre pays, et vous saurez que moi, l’Eternel, J’ai parlé et agi, dit l’Eternel ».

Gérald & Sophie
Note : Etant maintenant guides francophones au Jardin de la Tombe, nous aurons plaisir à guider ceux et celles qui, de passage à Jérusalem, voudront visiter ce bel endroit.

(1) C’est en grande partie grâce à l’influence des écrits du charismatique général Charles Gordon que beaucoup ont vu le Jardin de la Tombe comme un emplacement possible de la crucifixion et la résurrection de Jésus. L’archéologue allemand protestant Conrad Schick qui avait découvert la tombe, confirmera cette hypothèse. 


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