Pasteur Gérald Fruhinsholz, Le 27 juin 2008 Voilà un beau symbole pour Jérusalem ! Une flèche de 120 mètres de haut surplombant un pont[1] enjambant l’entrée de la ville. Il s’agit donc du pont du tramway devant être achevé en 2009, et il vient d’être inauguré. Il avait fier allure ce soir-là du 25 juin avec les projecteurs illuminant ses 66 câbles, qui sont comme une voilure et qui rappelle également les cordes d’une harpe. L’ouvrage est élégant et il ne dénature pas la ville trois fois millénaire qu’est la cité de David.
Le président Sarkozy à Jérusalem Il est heureux que le président Nicolas Sarkozy accompagné d’une délégation de ministres et hommes d’affaire français, soit venu dans la ville qui, aux yeux des Israéliens, est la vraie capitale d’Israël. Il a ainsi pu parler à la Knesset, le Parlement israélien, et séjourner au fameux hôtel King David. De là, il s’est rendu à Bethlehem pour y rencontrer Mahmoud Abbas. Il est dommageable pourtant que Mme Alliot-Marie soit allée à Ramallah déposer une gerbe sur le tombeau d’Arafat. Quel est le sens de cette démarche, si ce n’est de reconnaître en Yasser Arafat un homme d’Etat qu’il n’a pas été, ayant entraîné son peuple dans la sauvagerie des attentats aveugles ? Cela démontre-t-il que malgré les bonnes paroles d’amitié d’un président israélophile, il n’y a pas de changement réel dans la politique étrangère française[2] ? Suite à la visite du président Bush Bien sûr, notre président français n’a pas eu la même liberté que le président Bush, venu quelques semaines plus tôt à Jérusalem et donnant un discours mémorable à la Knesset en des termes que l’on peut qualifier de bibliques : « […] En 60 ans, vous n’avez pas uniquement bâti un état pour le Peuple juif, vous avez également réalisé une très ancienne promesse, celle qui fut donnée jadis à Abraham, puis à Moïse et à David, celle d’une patrie pour le peuple de Dieu en Erets Israël ! […] En 60 ans, vous avez su créer sur la Terre promise une société moderne. Vous êtes une lumière pour les nations. Vous préservez ici l’héritage d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Vous avez mis sur pied une formidable démocratie qui perdurera à tout jamais et qui pourra tout le temps compter sur le soutien des Etats-Unis. Que Dieu bénisse Israël ! » Ainsi s’exprimait Georges W. Bush, qui est à ce jour le représentant de la plus grande puissance mondiale. Cela change des propos de certains ministres ayant dit qu’Israël était « une parenthèse de l’histoire » ou pire encore. Le président Bush a parlé avec son cœur, sachant que son temps est compté, son mandat terminant bientôt. Quelles ques soient les fautes d’un homme sous une pression que l’on ne mesure pas, et qui a porté sur ses épaules une grande responsabilité, on peut applaudir là un véritable ami du peuple juif et un chrétien qui a les mots pour dire vraiment ce qu’est Israël selon Dieu. « La France est l'amie d'Israël ! » C’est déjà un bon point, la France possède à présent un président qui aime Israël. L’amitié de Nicolas pour le peuple juif est vraie tout autant que son intérêt pour l’Etat d’Israël. Qu’il en soit félicité ! Cela augure de nouvelles relations qui seront enrichies, on peut l’espérer, par des contrats commerciaux, culturels et scientifiques d’importance, et basées sur une confiance et estime réciproque : « La France est l'amie d'Israël et elle sera toujours à ses côtés lorsque sa sécurité et son existence seront menacées. Je ne transigerai jamais avec cela. Et ceux qui appellent de manière scandaleuse à la destruction d'Israël trouveront toujours la France face à eux pour leur barrer la route… » Sur cela, mentionnons d’autres aspects moins positifs comme celui de l’argument récurrent de la dite « occupation israélienne » en Judée-Samarie : « Il ne peut y avoir de paix sans l'arrêt total et immédiat de la colonisation ». Et le président de préconiser « l'adoption d'une loi qui inciterait au départ les colons de Cisjordanie, moyennant compensation et relogement en Israël ».
Autre point qui ne change pas, concernant le retour des réfugiés palestiniens, et le statut de la capitale d’Israël devant être partagée : « … Il ne peut y avoir de paix sans que soit résolu le problème des réfugiés palestiniens dans le respect de l'identité d'Israël. Il ne peut y avoir de paix sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de deux Etats et la garantie de la liberté d'accès aux Lieux Saints pour toutes les religions ». Est-il possible qu’il y ait aujourd’hui une absence de liberté d’accès aux Lieux saints ?... On sait au contraire que depuis qu’Israël a pris le contrôle de Jérusalem en 1967, les Lieux saints ont toujours été respectés, et ce sont les Israéliens eux-mêmes qui ne peuvent monter sur le Mont du Temple ne serait-ce que pour prier. Monsieur Kouchner a eu aussi la parole au micro de Guysen TV : « Il faut arrêter la colonisation et avoir le courage de faire ce geste… Parce que vous êtes forts, il vous faut donner la Judée-Samarie et laisser ouvertes vos maisons ( !)… Une compensation serait donnée aux colons… ». Une quelconque compensation à ceux qui ont dû quitter le Goush Katif a-t-elle déjà été offerte par la France et l’Europe ? Le « geste » fait à l’égard des Palestiniens en août 2005 a-t-il changé quoi que ce soit et apporté la paix ? Tout au contraire. Difficile pour les Israéliens de prendre aux sérieux de telles propositions... Jérusalem, une flèche[3] brillante pour les nations
Jérusalem est le lieu des grands discours des rois de la planète. Nicolas Sarkozy a dit : « En 60 ans ? ce que vous avez accompli est prodigieux. C'est dans la diversité, la vitalité, l'ouverture de la pensée, la force de création propre au judaïsme, que se trouve le secret de votre réussite d'Israël… L'Etat d'Israël est une réponse à l'injustice que le peuple juif a subie si longtemps. Et cette injustice est un défi lancé à la conscience universelle. Il n'y a aucun autre Etat dans le monde qui se soit construit sur autant de douleurs et sur autant d'espérance ». Oui, Israël est un peuple et un pays qui parle au monde entier et l’interpelle. Les nations dans leur conscience en sont touchées plus qu’elles ne le voudraient, car Israël est la conscience de l’humanité et une lumière des nations. Oui, Israël incarne l’espérance des nations, et j’aime le sens de cette flèche majestueuse à l’entrée de Jérusalem haute de 10 x 12 m (12 tribus), imageant la parole du prophète disant qu’Israël est une flèche, et à cette flèche se rejoignent tous les câbles d’un pont, symbole d’un lien pour tous les peuples.
« Il a fait de moi une flèche aiguisée, brillante (‘hetz barour), Il m’a caché dans son carquois. L’Eternel m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, toi en qui Je me glorifierai » - Esaïe 49 [1] L’architecte de cet ouvrage est l’espagnol Santiago Calatrava. Le coût total du pont sera de 240 millions de shekels. [2] Il est intéressant de lire à ce sujet l’ouvrage de David Pryce-Jones « Un siècle de trahison », sur la diplomatie française orientée par le Quai d’Orsay, de 1894 à nos jours. [3] 2 Rois 13 :17 parle aussi de « la flèche de salut à l’Eternel » (‘hetz techouah l’Adonaï) 
Sommaire Actualité 2008 |