Pasteur Gérald Fruhinsholz, Le 30 avril 2007
Jeudi 26 avril a eu lieu une conférence au Bneit Brit[1] de la Loge Robert Gamzon de Jérusalem, avec l’ancien ambassadeur Daniel Gal[2], en présence d’une forte délégation de la Loge David Ben Gourion de Paris. Le sujet était « les futurs défis et enjeux économiques et politiques d’Israël », 59 ans après la création de l’Etat hébreu.
Les enjeux et les défis intérieurs d’Israël En un exposé dense mais hélas trop court, Daniel Gal énonça les défis auxquels la société israélienne doit faire face pour demain. Il parle alors du rétablissement de la justice sociale, des carences au niveau de l’éducation nationale, de la démographie qui voit se « perdre » depuis la guerre des millions de Juifs[3], d’une réforme électorale à faire et d’une indispensable unité du pays entre laïques et religieux. Il reprend alors une thèse générale : la défense du pays a empêché la nation de prendre à bras-le-corps les problèmes d’ordre intérieur. Le constat est là : les différentes situations de guerre et de conflit permanent obligent Israël à consacrer un budget surdimensionné à l’armée et à la sécurité nationale qui obligatoirement défavorise les autres ministères pour le développement d’une société harmonieuse et en particulier pour Israël, d’une société juste selon le judaïsme. Cet état de fait, unique pour un petit pays comme Israël, force la société israélienne à considérer sa défense comme primordiale au dépend de la justice sociale et donc de son bien-être – en un mot, la sécurité précède la justice…
Daniel Gal dénonce le raisonnement et prend le contre-pied de cette logique : il importe tout d’abord de répondre aux besoins d’une justice selon la tradition juive et les moyens pour répondre aux besoins sécuritaires suivront naturellement … Il s’agit ainsi d’initier une volonté de donner avant tout à chacun sa propre dignité et une conscience juive au sein d’un Etat prenant en compte ses besoins essentiels. Pour Daniel Gal, il est inacceptable que 95 % de la richesse d’une nation réside entre les mains de 5 % d’Israéliens ; que 1.600.000 personnes en Israël vivent sous le seuil de pauvreté ; que 400.000 familles souffrent « d’insécurité alimentaire », c'est-à-dire de faim et parmi elles, plus de 700.000 enfants ; que 40 % des rescapés de la Shoah[4] vivent moins bien en Israël que dans d’autres pays européens, comme l’Allemagne… Parmi les aspects positifs, et ils sont nombreux, Israël étant au « hit-parade » dans des domaines très variés, scientifiques et médicaux, agricoles, informatiques et dans les secteurs pointus comme la nano-technologie, le domaine spatial, etc, Daniel Gal mentionne le programme Taglit : « Le projet "Taglit-Génération Israël" trouve son origine dans une idée simple qui est que chaque jeune juif dans le monde, a un droit, dès la naissance, à découvrir et connaître Israël. Mis en œuvre dans la plupart des continents "Taglit" vise à proposer une découverte d'Israël, à travers un programme éducatif en groupe, durant un séjour offert d'une durée de 10 jours ». Ainsi, sont venus gratuitement en Israël 100.000 jeunes Juifs, qui leur permet de mieux connaître le pays et par la suite mieux de s’y intégrer.
Les enjeux politiques et les défis extérieurs Comme le disait l’ambassadeur israélien Abba Eban, « Israël doit être un Etat fort, plus encore qu’un Etat puissant ». Il n’est en effet pas suffisant d’être puissant en armes, qui se trouvent à présent sur tous les marchés mais fort pour inspirer la crainte de l’ennemi. Israël doit maintenir sa force de dissuasion. C’est un impératif. Israël ne peut perdre une seule guerre, sous peine d’être anéantie, et le problème majeur comme la plupart des nations le reconnaissent, est l’Islam et les organisations terroristes qui s’y réfèrent.
Daniel Gal cite alors l’historien du Moyen-Orient Bernard Lewis : « l’Islam est une religion politique qui veut dominer le monde ». Il résume la force des Islamistes s’opposant à tout système démocratique et à Israël en particulier, avec les « quatre M » : 1) Monnaie : les Arabes disposent de l’argent du pétrole, 2) Martyre : Sunnites comme Chiites ont adopté avec succès « l’arme » imparable des kamikazes, 3) Modernisme : ils contrôlent à présent l’arme nucléaire, 4) Mahdi : il désigne le 12e et dernier Imam exigeant la soumission du monde non musulman. Daniel Gal ajoutera que le conflit Israélo-palestinien est impossible à régler et qu’il n’y a aucune solution à court terme du fait même du refus de la reconnaissance de l’Etat d’Israël. Mais, malgré ces difficultés, conclura t-il avec optimisme, Israël possède le potentiel pour surmonter tous les défis de demain… La justice précèdera la paix et la sécurité C’est ce que dit la Bible. Israël peut-il déjà mettre en pratique « cette formule » et cela avant la venue du Mashia’h ? Il peut en tous cas mettre tous ses efforts pour permettre que chacun des membres de la communauté israélienne se sente comme « à la maison », que le Juif soit fier d’être juif et que l’étranger soit participant de cette fierté. La Bible dit que le D.ieu d’Israël veut ramener Son peuple sur Sa terre, afin qu’il vive dans la justice et dans la paix et soit une bénédiction pour le monde. Quel gouvernement en Israël va pouvoir s’engager dans cette voie ? La prière est évidemment nécessaire, et quoi qu’il en soit, les promesses s’accompliront !...
« Il en sera ainsi jusqu’à ce que l’Esprit soit répandu sur nous d’en haut, et alors le désert deviendra un verger, et le verger sera semblable à la forêt. Le droit habitera dans le désert, et la justice dans le verger. Le fruit de la justice sera la paix. L’effet de la justice, ce sera la tranquillité et la sécurité à tout jamais.» - Esaïe 32 :15-17 [1] Moadone B’nai-B’rith 3/5 rue Keren Hayessod. Le Bnei Brit (les fils de l’alliance) est une organisation internationale créée il y a 160 ans à New-York par des Juifs immigrants. D’une manière générale, le Bneit Brit poursuit des buts à caractère humanitaire, soutenant les aspirations du monde juif et Israël. [2] Daniel Gal a été ambassadeur 37 ans en Europe, en Afrique, en Asie, en Amérique latine et au Canada, et travaille comme dirigeant d’associations d’entre-aide et de partenariat entre différents pays et Israël, et comme conférencier. [3] Daniel Gal a mentionné le danger de l’assimilation. Il faut aussi souligner le fait de l’avortement en Israël qui a « coûté » à Israël l’équivalent depuis la guerre de la totalité des enfants assassinés durant la Shoah – 1.500.000 bébés non-nés. Il y a 40.000 avortements /an en Israël (proportionnellement deux fois plus qu’en France)… Sur la courte existence de l’Etat d’Israël, on peut mesurer le cruel constat. [4] Sur 260.000 survivants de la Shoah vivant en Israël, 80.000 d’entre eux ont du mal à subvenir à leurs besoins et vivent sous le seuil de la pauvreté. Voir le Compte-rendu de Terre d’Israël.

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