Messages étiquettés temoignage

L’église de la honte

15 janvier 2014
Pasteur Gérald Fruhinsholz


Réplique du Mur de Bethlehem à l’église St James

Je suis choqué par cette église qui a pris position contre Israël en réalisant cette réplique du Mur de sécurité à Bethlehem ! Cette maquette qui a coûté 30 000 £ (36 000 euros), a été installée autour de l’église St James à Londres pour 12 jours, Noël dernier.

Déjà des voix se sont élevées contre“ce projet coûteux ayant nécessité le concours d’architectes et designers, utilisant  échafaudages, matériaux, et toute une équipe d’ouvriers. Avec les bouches à nourrir et les morts de froid dans ce seul pays, il est honteux que l’Eglise de St James, Piccadilly, ait gaspillé tant sur ce qui n’est rien de plus qu’un exercice de propagande anti-Israël”.

 

“Ce Mur sauve des vies”

Qui ne sait pas que ce Mur a stoppé 95 % des attentats  terroristes en Israël ?… Qui ne sait pas qu’il existe de nombreux “murs” dans le monde, des murs qui ne suscitent nullement l’intérêt que l’on porte à la barrière de sécurité en Israël ?…

Réponse : Des gens qui n’ont aucune idée des ravages du terrorisme islamique, et qui se fichent totalement des victimes israéliennes… des gens qui de toute façon, auront toujours un a-priori critique à l’encontre d’Israël car il n’y a aucune impunité à ce genre d’exercice… des gens qui attisent le conflit, alors qu’il y a de nombreux Arabes très heureux de vivre en Israël, et ne souhaitant surtout pas vivre dans un Etat palestinien, sous le régime de la sharia.
 
Je dirais également que ces soi-disant chrétiens feraient mieux de protester et manifester pour les milliers de victimes – des chrétiens – qui sont l’objet de meurtres et de tortures, en Syrie notamment (quelques 1213 assassinats avérés, selon Portes ouvertes), en Egypte et dans tous les pays où l’Islam prédomine, incitant à la haine.

Kristine Luken assassinée sauvagement en Israël par deux Arabes palestiniens

 
Laissons la parole à une victime israélienne, qui a survécu à une violente attaque terroriste commise par deux Palestiniens ayant contourné le Mur de sécurité non terminé à l’époque.

Kay Wilson est guide touristique en Israël. Son amie chrétienne américaine Kristine Luken et elle, ont été sauvagement poignardées à plusieurs reprises. Ce sont des terroristes palestiniens (18/12/2010) venant de la région de Bethléem qui ont commis cette horreur en territoire israélien. Kristine est décédée, et par miracle Kay a survécu à ses nombreuses blessures.
Kay n’a pas perdu son humour, et il est mordant dans cette lettre adressée à l’église St James (écrite sous forme de conte de Noël) ; sa colère est manifeste envers ces chrétiens qui ont réalisé cet événement scandaleux.


*     *     *     *     *     *     *

Lettre à la direction de l’Eglise St James, Piccadilly, Londres

 

Une histoire vraie…


Porte taguée par Kay, à Bethlehem :
“St James – non au Djihad – justice pour Israël, les chrétiens et tous les peuples”
(Voir LIEN)

« Et il advint qu’au cours du mois de Décembre 2010, deux bergers Palestiniens quittèrent leur village près de Bethlehem, marchèrent dix milles et traversèrent les collines de Judée. Et dans la forêt, ils veillèrent toute la nuit. Le lendemain, au cours de la sixième heure (15h) les bergers virent deux femmes qui marchaient le long de la Piste Nationale d’Israël. Avec une grande ferveur, ils sortirent leurs couteaux et attaquèrent les femmes.
 
Pendant que les bergers maintenaient les femmes plaquées au sol, les lames dentelées de leurs couteaux brillaient au soleil, et répandaient une lumière autour d’eux. Le couteau à la gorge, les femmes n’osaient bouger. “Ne craignez rien”, dirent les hommes – car une grande frayeur les avait saisies – nous vous apportons une bonne nouvelle qui réjouira notre peuple”. Quelle pouvait être cette nouvelle ?… Un viol, un vol, une volée de coups ?… Tout serait préférable à la mort, se disaient les femmes en leur cœur.
 
Et lorsque la septième heure approcha, les bergers dirent : « Allons tuer ces juives, comme Allah nous l’a ordonné ».

Les bergers bâillonnèrent les femmes, leur ôtèrent les chaussures et attachèrent leurs mains. Ils forcèrent une des femmes à se mettre à genoux, couvrirent sa tête et poussèrent sa nuque vers l’avant. La femme s’agenouilla, et se prépara à être décapitée. Et soudain elle vit une grande lumière, la lame du couteau qui brillait au soleil. La femme juive murmura : « Ecoute, O Israël ». Le musulman cria : « Allah Hu Akbar », et la chrétienne s’écria « Jésus », le nom d’un Juif né dans la ville de David.

Par treize fois, les bergers enfoncèrent leurs couteaux dans le corps des femmes, brisant des os, déchirant leur chair, en empalant même une d’entre elles dans le sol. Alors que la juive faisait la morte, elle vit son amie chrétienne déchiquetée, mourir sous ses yeux.

Les bergers rentrèrent chez eux en glorifiant et louant Allah pour tout ce qu’ils avaient vus, et répandirent la nouvelle de ce qu’ils avaient fait. « Aujourd’hui, près de la ville de David, deux des Juifs ont été massacrés », dirent ils. Ils se réjouissaient et dirent à leurs voisins, « ce sera un signe, ils trouveront deux des leurs, honteusement enveloppés dans des vêtements ensanglantés et gisant dans les buissons ». Et tous ceux qui entendaient cela furent étonnés ».

  

J’ai beaucoup réfléchi aux événements de ce jour épouvantable, qui ont culminé par mon assassinat manqué et la mise à mort de mon amie. Il me semble que, plus que quiconque, je pourrais être pardonnée si je haïssais les Palestiniens. Je crois aussi que je pourrais être pardonnée si je pensais que tous les Palestiniens sont des terroristes. Ce n’est pourtant pas mon cas. Au contraire, j’ai maintenu mes relations avec mes amis palestiniens, de sorte que mon ignorance ne m’a pas amenée à haïr. Je déteste la haine. Et c’est votre haine, sous la forme d’un conte pour Noël, qui m’a obligé à écrire.

Je me plais à penser qu’en tant que chrétiens, jamais vous n’auriez toléré l’odieux assassinat de Kristine Luken ou l’attaque sur ma propre personne. Je soupçonne cependant que vous en viendrez à rationaliser cette sauvagerie comme un résultat inévitable de “l’occupation israélienne”.

Vous suggérerez sans doute que les Palestiniens qui ont assassiné mon amie étaient eux-mêmes des victimes qui ont grandi dans la dépravation. J’en conviens, mais tiens à souligner que si c’est la pauvreté qui était en cause, les aristocrates qui ont piloté des avions dans les tours jumelles n’avaient aucune raison de commettre leurs crimes.

Les terroristes palestiniens sont bien des victimes, les victimes d’un régime islamique radical et primitif qui leur impose un régime de malnutrition morale axé sur la haine des Juifs et la haine de toute vie – la leur propre comprise. Ils ont également été privés : privés d’une éducation qui chérit la culture, l’histoire, la littérature, l’art et la dignité de la différence. Leur morale appauvrie couplée à des généralisations ignorantes est ce qui a permis à deux hommes de massacrer sans sourciller des femmes sans défense.

  

Votre «mur», que vous avez érigé près de votre église, est, espérons-le, simplement le fruit de votre propre ignorance et de généralisations simplistes concernant la situation complexe ici, au Moyen-Orient. Néanmoins, comme tout mur, il sert de façade et de barrière. Si on examinait votre mur, on pourrait voir que sous la surface blanchie à la chaux qui se préoccupe de la politique israélienne, se trouvent les briques de l’antisémitisme. Ces briques s’élèvent bien haut. Elles marquent des attentes de tout un peuple. Ce mur anticipe la séparation de la nation d’Israël comme indésirable.

Votre mur est cimenté par une théologie de supériorité qui dit que D.ieu a abandonné les Juifs. C’est la même théologie qui sous-tend l’islam radical. D.ieu a essayé les Juifs, puis les chrétiens, mais en fin de compte ce sont les musulmans qu’Il a décidé de choisir.

Votre mur n’est qu’une brique dans le mur global du programme islamique, un programme qui ne reculera devant rien jusqu’à la destruction de l’Etat juif. Pour votre propre détriment culturel, c’est un mur qui obstrue la vérité et ne cherche pas seulement à détruire Israël, mais en fin de compte toute société judéo-chrétienne.

Votre mur enflamme un conflit ancien. Ceux qui, comme moi, vivent dans cette région, savent qu’il a besoin, non pas d’une exacerbation de la haine, mais d’un apaisement.

Votre mur est un affront à Kristine Luken et aux autres victimes de la terreur, qui auraient pu être en vie aujourd’hui si un mur avait été érigé sur les 90% de terres restants qui nous séparent de nos voisins palestiniens.

Votre mur est une injustice pour les chrétiens qui vivent sous le despotisme musulman. Ironiquement, c’est l’Etat d’Israël, que vous jugez paria et injuste, qui est unique au Moyen-Orient parce que contrairement à tous nos voisins, notre population chrétienne est en plein essor et nos chrétiens ont des droits religieux complets.


S’il vous plaît écrivez sur votre mur, sous la croix, à présent obscurcie par le croissant …. ” R.I.P Kristine Luken. “


Sincèrement
Kay Wilson
(merci beaucoup à Anne Dubitzky -Global Justice Group)



Tags: , , , , ,

Zvi Givati, un homme de coeur

21 novembre 2013
Pasteur Gérald Fruhinsholz


Le général Zvi Givati n’est plus parmi nous, il a rejoint son épouse bien-aimée, Esther, et son cher fils mort trop jeune… Nous le regretterons beaucoup, car il a été un réel pont entre Israël et les chrétiens, particulièrement les Evangéliques, ayant consacré sa longue retraite à l’Ambassade Chrétienne Internationale de Jérusalem (ICEJ). Parlant le français aussi bien que l’anglais, il était pour nous, qui représentions à cette époque l’ACIJ - Ambassade Chrétienne de Jérusalem -France, un vrai ambassadeur d’Israël pour les chrétiens sionistes que nous étions devenus, dans les années 90.


Zvi a été pour nous le premier visage d’Israël, quand nous nous sommes engagés dans l’aventure “sioniste” au travers de l’ambassade chrétienne organisant notamment des voyages et des conférences en Eretz. Il incarnait l’Israélien au visage avenant mais secret (image du sabra/la figue de barbarie, piquant au dehors et tendre au dedans !) ; il m’impressionnait beaucoup, mais avait un tel grand coeur que le contact passait immédiatement. Il savait faire aimer Israël et transmettre l’amour de Sion.


Voici également le témoignage de Suzanne Fauvel - Jean  son mari, fut président de la branche française de l’ACIJ :
C’est à Strasbourg que nous avons accueilli Zvi Givati durant les années 80. Il était responsable des ”Bonds d’Israël” (un organisme de placements de fonds en Israël) ; nous l’avions connu avec son épouse Esther, après avoir encouragé les tous premiers débuts du groupe ”La Branche d’Amandier à Jérusalem” qui devint l’Ambassade Chrétienne Internationale de Jérusalem. En France, Zvi a cherché tout naturellement le contact avec des chrétiens dont nous étions. Une petite étape en Alsace et les voilà repartis à Jérusalem ; Zvi était déterminé à donner son énergie extraordinaire comme liaison entre Juifs et chrétiens du monde entier réunis autour de l’Ambassade Chrétienne.

Jamais, nous n’oublierons les soirées de ses tournées où il revenait volontiers en France épauler le Pasteur Roger Brunet, à l’époque président de la branche française. 

Son humour nous faisait rire aux larmes, et sa pertinence ont réussi à toucher beaucoup de coeurs. Comment ne pas avoir de respect devant un général de police, qu’il était jusqu’au bout des ongles !

L’Ambassade Chrétienne Internationale de Jérusalem

Les innombrables oeuvres justes et excellentes les suivront. Prions afin que d’autres valeureux hommes et femmes de leur trempe se lèvent rapidement !”


C’est vrai, si nous sommes heureux qu’il ait retrouvé les siens, nous sommes tristes du départ de Zvi. Nous avons tant besoin, alors qu’Israël subit plus que jamais l’opprobre des nations, d’hommes et de femmes au coeur droit et valeureux, qui combattent le bon combat – Juifs et chrétiens réunis.

Je crois fermement que nous sommes dans ce temps où “les princes des peuples se réunissent au peuple du D.ieu d’Abraham” (Psaume 47) !


Gérald & Sophie



Tags: , , ,

Yom hashoah 2013 – Faire le deuil…

8 avril 2013
Pasteur Gérald Fruhinsholz


Nous nous trouvons devant une magnifique vallée, la journée est ensoleillée, mais l’émotion et les larmes sont là également, lors de cette nouvelle commémoration de la Shoah. Cela se passe  près de Jérusalem, à Roglit, le site du souvenir des 80.000 Juifs déportés de France, assassinés dans les camps de la mort – la cérémonie est organisée par les “Fils et Filles des Déportés Juifs de France”.


Les autorités françaises sont présentes – l’Ambassadeur Christophe Bigot et les différents consuls établis en Israël. Sont présents également l’avocat Arno Karsfeld, et une assistance nombreuse venue de Jérusalem, Tel-Aviv, Netanya. Ces amis juifs de France à présent israéliens, ont tous été touchés par la Shoah - rescapés, enfants de rescapés, enfants cachés… personne n’est indemne de cette tragédie, et porte cette blessure qui ne se fermera jamais.
[youtube]http://youtu.be/VSPLNQXLG64[/youtube]

Dans son discours inaugural, l’Ambassadeur Christophe Bigot ne peut retenir son émotion, évoquant l’horreur de la Shoah, la folie de la “Solution finale”, la méconnaissance de cet monstruosité malgré la quantité de livres et de films ; il dira également que l’antisémitisme (en France) n’est pas mort aujourd’hui, il refait surface… (voir la vidéo ci-contre).

Arno Klarsfel, a témoigné de l’arrestation de son grand-père (Arno) à Nice, où de nombreux Juifs furent raflés par les Nazis (sans participation de la Préfecture et Police française !). Ayant fait un faux plancher dans la penderie, le grand-père de Arno a pu ainsi sauver sa famille, mais ne revint jamais d’Auschwitz… Le père d’Arno, Serge Klarsfeld (1),

 

Robert Spira témoigna également : il avait 5 ans lorsque son père fut raflé. Dans un discours émouvant, Robert répond à son papa qui avait promis de lui écrire. Il décrit ce que son père a dû  vivre à Auschwitz, les horreurs innommables du camp, où chaque seconde vécue était une seconde gagnée contre la mort… “Le travail rend libre (2)… libre de mourir”. Robert évoque aussi le Vel d’Hiv’, en 1942. “Ce policier, pourquoi il nous a sauvés ? C’est une question dont je n’ai pas la réponse…”.

 

Roglit, pierre tombale des 80 000 Juifs français

Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France est situé dans la forêt de Beth-Shemesh, près du moshav Neve Michaël, dominant la vallée du Ellah. Il a été inauguré le 18 juin 1981. Sur le mur immense sont inscrits les 80.000 noms.

Le Mémorial est sur un terrain du KKL, dans une Forêt du Souvenir plantée par l’Association, et les 80.000 arbres ont été plantés à la mémoire des 80.000 Juifs déportés de France.

 
Chaque jour, le nombre des rescapés de la Shoah diminue. Les témoins disparaissent… et nous devons nous souvenir - “Les oublier serait les tuer une deuxième fois”, dira Robert Spira.

 

“Je consolerai les affligés de SION,
Je leur donnerai un diadème au lieu de la cendre,
une huile de joie au lieu d’un esprit abattu,
afin qu’on les appelle des térébinthes de la justice,
une plantation de l’Eternel, pour servir à Sa gloire” - Esaïe 61

 

(1) Arno est le fils de Beate et Serge Klarsfeld : Serge Klarsfeld (né le 17 septembre 1935 à Bucarest en Roumanie) est un écrivain, historien et avocat de la cause des déportés en France. Son épouse Beate (née Beate Künzel, en 1939 à Berlin) et lui sont connus sous le nom de « chasseurs de nazis », pour avoir emmené devant les tribunaux Klaus Barbie et avoir joué un rôle fondamental dans le procès Papon. Leur fils Arno Klarsfeld est avocat.
(2) “Die arbeit macht frei” (le travail rend libre), était inscrit à l’entrée du camp d’Auschwitz.

Tags: , , , , , , ,

Maman, suis-je juif ?…

7 mars 2013
Pasteur Gérald Fruhinsholz


Yaakov Weksler a été un enfant caché juif. En Pologne, il s’appelait Romek Waszkinel. Selon lui, il existe plus de 700 personnes en Pologne qui ne connaissent même pas l’identité de leurs vrais parents. Certains bébés ont été passés par les égouts, notamment à Varsovie.

Yaakov (lire son histoire) a eu cette “chance” de savoir (tardivement) qu’il était juif, né en 1943. Il a su qu’il avait un oncle et une tante à Netanya. Il saura également en 2012 qu’il a des cousins du côté de sa mère. En Israël, il a ainsi pu découvrir sa vraie famille, sans pour autant renier ses parents qui l’ont sauvé.

Comme il dit : “Une famille m’a donné la vie, et une autre famille a sauvé ma vie”. Cela a été le cas pour de nombreux enfants juifs cachés.


Lorsqu’il est arrivé à l’aéroport Ben Gourion en 1992, Yaakov n’avait pas envoyé sa photo à son oncle. Car Yaakov était devenu prêtre et toutes ses portraits le montraient avec un col ecclésiastique. Or, il savait que son oncle Zvi était assez religieux, et il ne voulait pas le fâcher. Mais lors de la sortie à l’aéroport, il croisa Zvi Weksel, et celui-ci le reconnut immédiatement.

- Comment m’as-tu reconnu ? lui a demandé Yaakov.
- Aucun problème, tu as la même démarche que ton père !

Yaakov avait 49 ans. Quelle joie de connaître à la fois sa vraie identité, et l’existence de membres de sa famille, après tant de doutes et de questionnement ! Yaakov n’avait su l’histoire des Juifs assassinés dans les camps de la mort qu’en 1968 ! Le régime communiste n’avait pas pris la peine de mentionner ces “détails” dans les livres d’histoire.


Les Einsatzgruppen

Les Einsatzgruppen (groupes d’intervention) étaient des unités de police politique militarisées du IIIe Reich, créées dès l’Anschluss et chargées, à partir de l’invasion de la Pologne, de l’assassinat systématique des opposants réels ou imaginaires au régime nazi et en particulier des Juifs.

De 1940 à 1943, les Einsatzgruppen assassinèrent plus d’un million de personnes, essentiellement des Juifs. Leur action fut la première phase de la Shoah, avec ce que l’on appelle la “Shoah par balles“, puis avec les camions à gaz itinérants. Quand les tueurs des Einsatzgruppen découvraient unshtetl, un village juif, tous leurs membres étaient systématiquement fusillés, sauf ceux qui pouvaient être utiles aux Allemands. Or, le père de Yaakov, Yankele Weksel, était connu comme un excellent tailleur.

Yaakov est né en 1943. Dès le début des hostilités, comprenant le danger, Batya sa maman biologique, connaissant une famille chrétienne, confia son fils à cette maman, lui disant : “Sauvez ce bébé juif, au nom de votre Jésus juif”. Elle ajouta ceci : “Il deviendra prêtre…”.

Sans le savoir, Yaakov accomplit cette prédiction et fut ordonné prêtre en 1966, à Lublin. Il étudia également la philosophie. Il ne découvrit l’existence dela Shoah qu’en 1968… et s’interrogea sur sa naissance et sa véritable identité. C’est à cette époque, où voyant sa mère pleurer à l’évocation de la guerre, qu’il demanda :“Maman, suis-je juif ?”. En fait, dès son plus jeune âge, on traitait le petit Romek de :“sale youpin, bâtard juif”, et même adulte, dans sa propre paroisse, on l’appelait le“youpin”. 

Une deuxième naissance !

C’est en février 1978 que Yaakov découvrit sa véritable identité, par la bouche de sa mère qui jusqu’alors, refusait d’évoquer cette période sombre : “Tu as eu des parents juifs. Ils ont été assassinés”. 

En 2009, Yaakov a passé une année au kibboutz Sdé Eliyahou, un kibboutz religieux près de Beit Shean. Aujourd’hui, Yaakov travaille à Yad Vashem, le Musée de la Shoah de Jérusalem, comme archiviste. Et avec ALOUMIM, l’association israélienne des enfants juifs cachés, il fait le lien avec tous les enfants cachés de Pologne.

Mystérieusement, Yaakov n’a pu bénéficier de la Loi du retour en Israël, et n’a qu’un visa de “Résident”. Il supporte difficilement cette situation qui est le lot de nombreux enfants cachés. Comme il dit : “En Pologne, j’ai souffert d’être juif, et en Israël, on me reproche d’être un prêtre”. On lui demanda une fois : “Souhaitez-vous avoir une croix ou une magen David sur votre tombe ?”, Yaakov répondra : “Laissez-moi vivre ma vie pour l’instant !”.  

A la question “Regrettez-vous quelque chose ?”, Yaakov dira : - Seulement d’avoir découvert trop tard ma véritable identité. Si je l’avais su 30 ans auparavant, je parlerais hébreu couramment ! Au lieu de cela, j’ai fait l’université et suivi ma vie”. Mais je suis content aujourd’hui d’être au niveau gimel à l’oulpan (école d’hébreu), et heureux d’être ici à ma vraie place, en Israël.

 Longue vie à Yaakov, qui a retrouvé ses racines


Les « enfants cachés »

La période d’après-guerre a été à la source de traumatismes pour de nombreux enfants juifs. En effet, soit les enfants apprenaient la nouvelle de l’assassinat de leurs parents, soit ils étaient confrontés à des retrouvailles dramatiques. Dans la plupart des cas, les parents survivants, rescapés de la Shoah, étaient profondément marqués par l’expérience concentrationnaire, voire brisés.

Les enfants juifs cachés ont également vécu de nouvelles séparations en quittant le milieu qui les avaient accueillis pendant la guerre. Ces nouvelles séparations ont souvent ravivé la souffrance vécue lors de la séparation des parents, conférant une signification traumatique aux séparations.

Après la guerre, les survivants ont tenté de se reconstruire en appréhendant l’avenir plutôt que de se tourner vers un passé trop douloureux. Jusque dans les années 1980, les enfants juifs cachés n’ont pas été reconnus comme survivants de la Shoah. Leurs voix étaient jusque-là absentes des grandes narrations du génocide. Ils étaient considérés comme ayant eu “de la chance” en comparaison des déportés et comme “trop jeunes” pour se souvenir du passé.

La plupart des enfants juifs cachés ont souvent tu leur histoire pendant près de 40 ans, voire 60 ans. Ce n’est qu’à partir de 1991, lors du premier grand rassemblement de nombreux anciens enfants juifs cachés à New York, que la plupart d’entre eux ont commencé à raconter leur histoire et qu’une réelle prise de conscience a eu lieu (d’après le rapport des « enfants cachés juifs en Belgique », d’Olivier Luminet)


“Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ?
Quand elle l’oublierait, Moi, l’Eternel, Je ne t’oublierai pas”
Esaïe 49:15



Tags: , , , , , ,