8 avril 2013
Pasteur Gérald Fruhinsholz
Nous nous trouvons devant une magnifique vallée, la journée est ensoleillée, mais l’émotion et les larmes sont là également, lors de cette nouvelle commémoration de la Shoah. Cela se passe près de Jérusalem, à Roglit, le site du souvenir des 80.000 Juifs déportés de France, assassinés dans les camps de la mort – la cérémonie est organisée par les “Fils et Filles des Déportés Juifs de France”.
Robert Spira témoigna également : il avait 5 ans lorsque son père fut raflé. Dans un discours émouvant, Robert répond à son papa qui avait promis de lui écrire. Il décrit ce que son père a dû vivre à Auschwitz, les horreurs innommables du camp, où chaque seconde vécue était une seconde gagnée contre la mort… “Le travail rend libre (2)… libre de mourir”. Robert évoque aussi le Vel d’Hiv’, en 1942. “Ce policier, pourquoi il nous a sauvés ? C’est une question dont je n’ai pas la réponse…”.
Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France est situé dans la forêt de Beth-Shemesh, près du moshav Neve Michaël, dominant la vallée du Ellah. Il a été inauguré le 18 juin 1981. Sur le mur immense sont inscrits les 80.000 noms.
Le Mémorial est sur un terrain du KKL, dans une Forêt du Souvenir plantée par l’Association, et les 80.000 arbres ont été plantés à la mémoire des 80.000 Juifs déportés de France.

“Je consolerai les affligés de SION,
Je leur donnerai un diadème au lieu de la cendre,
une huile de joie au lieu d’un esprit abattu,
afin qu’on les appelle des térébinthes de la justice,
une plantation de l’Eternel, pour servir à Sa gloire” - Esaïe 61

Yaakov Weksler a été un enfant caché juif. En Pologne, il s’appelait Romek Waszkinel. Selon lui, il existe plus de 700 personnes en Pologne qui ne connaissent même pas l’identité de leurs vrais parents. Certains bébés ont été passés par les égouts, notamment à Varsovie.
Les Einsatzgruppen (groupes d’intervention) étaient des unités de police politique militarisées du IIIe Reich, créées dès l’Anschluss et chargées, à partir de l’invasion de la Pologne, de l’assassinat systématique des opposants réels ou imaginaires au régime nazi et en particulier des Juifs.
C’est en février 1978 que Yaakov découvrit sa véritable identité, par la bouche de sa mère qui jusqu’alors, refusait d’évoquer cette période sombre : “Tu as eu des parents juifs. Ils ont été assassinés”.
La période d’après-guerre a été à la source de traumatismes pour de nombreux enfants juifs. En effet, soit les enfants apprenaient la nouvelle de l’assassinat de leurs parents, soit ils étaient confrontés à des retrouvailles dramatiques. Dans la plupart des cas, les parents survivants, rescapés de la Shoah, étaient profondément marqués par l’expérience concentrationnaire, voire brisés.
Nous avons eu le privilège de visiter, avec Judith Schwed-Lion, la jeune et talentueuse (francophone) sous-directrice générale d’AMIT, accompagnés d’amis d’Israël et de France, le « village d’enfants AMIT » à Petah Tiqva, à 10 km de Tel-Aviv. Petah Tiqva (porte d’espérance) était la première colonie agricole en Palestine ottomane, fondée en 1878 par les pionniers juifs.
Au temps où l’Occident démolit le concept familial pour contenter la « mode » d’une parenté homosexuelle, dans une société où la charia’islamique est en train de remplacer la civilisation judéo-chrétienne, Israël va à contre-courant par des « réseaux éducatifs d’excellence » comme AMIT. Le modèle biblique demeure le vrai modèle pour toute société équilibrée et épanouissante. Avec AMIT, des enfants désorientés se restructurent au travers du modèle de la famille au sein de la communauté, et retrouvent équilibre et foi.
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