15 avril 2013
Pasteur Gérald Fruhinsholz

Hier à 20h, la sonnerie a retenti, c’est Yom hazikaron - le souvenir des morts en Israël au travers des guerres et des attentats ; tant de tragédies pour un si petit pays. Y a-t-il une seule famille en Israël indemne, d’un fils, une fille, un père, mort lors de la guerre, ou dans un bus ayant explosé ?…
Histoire … Les 16 et 17 juillet 1942, la Police française a ordonné méthodiquement la rafle des Juifs de Paris pour les parquer dans le Vélodrome du Vel’ d’Hiv. Ce bâtiment n’existe plus, il n’y a plus de trace, si ce n’est ce panneau (voir ci-contre). Par contre, le siège du Ministère de l’Intérieur a été érigé à la place du lieu maudit… Bizarrerie ou humour macabre ? Chaque année sur les quais, non loin du site du Vel’ d’Hiv, a lieu une cérémonie du souvenir, sur l’initiative du rabbin Daniel Fahri et de Serge Klarsfeld - des noms sont égrenés lentement, des noms prononcés pour ne pas les oublier, les noms des Juifs disparus.”Lorsqu’ils traversent la vallée de Baca (des larmes), ils la transforment en un lieu plein de sources, et la pluie la couvre aussi de bénédictions. Leur force augmente pendant la marche, et ils se présentent devant Dieu à Sion” – Ps 84
Yom houledet samea’h – bon anniversaire, Israël !
(1) Ainsi prenait fin une parenthèse de près de 2553 ans depuis la destruction du premier Temple en -586 (un 9 Av) par Nebucadnetsar, roi de Babylone… Jésus prédit également ce temps de mépris des nations, jusqu’à ce que Jérusalem soit à nouveau capitale d’Israël : « Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis » - Luc 21 :24
Nous nous trouvons devant une magnifique vallée, la journée est ensoleillée, mais l’émotion et les larmes sont là également, lors de cette nouvelle commémoration de la Shoah. Cela se passe près de Jérusalem, à Roglit, le site du souvenir des 80.000 Juifs déportés de France, assassinés dans les camps de la mort – la cérémonie est organisée par les “Fils et Filles des Déportés Juifs de France”.
Robert Spira témoigna également : il avait 5 ans lorsque son père fut raflé. Dans un discours émouvant, Robert répond à son papa qui avait promis de lui écrire. Il décrit ce que son père a dû vivre à Auschwitz, les horreurs innommables du camp, où chaque seconde vécue était une seconde gagnée contre la mort… “Le travail rend libre (
Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France est situé dans la forêt de Beth-Shemesh, près du moshav Neve Michaël, dominant la vallée du Ellah. Il a été inauguré le 18 juin 1981. Sur le mur immense sont inscrits les 80.000 noms.
Yaakov Weksler a été un enfant caché juif. En Pologne, il s’appelait Romek Waszkinel. Selon lui, il existe plus de 700 personnes en Pologne qui ne connaissent même pas l’identité de leurs vrais parents. Certains bébés ont été passés par les égouts, notamment à Varsovie.
Les Einsatzgruppen (groupes d’intervention) étaient des unités de police politique militarisées du IIIe Reich, créées dès l’Anschluss et chargées, à partir de l’invasion de la Pologne, de l’assassinat systématique des opposants réels ou imaginaires au régime nazi et en particulier des Juifs.
C’est en février 1978 que Yaakov découvrit sa véritable identité, par la bouche de sa mère qui jusqu’alors, refusait d’évoquer cette période sombre : “Tu as eu des parents juifs. Ils ont été assassinés”.
La période d’après-guerre a été à la source de traumatismes pour de nombreux enfants juifs. En effet, soit les enfants apprenaient la nouvelle de l’assassinat de leurs parents, soit ils étaient confrontés à des retrouvailles dramatiques. Dans la plupart des cas, les parents survivants, rescapés de la Shoah, étaient profondément marqués par l’expérience concentrationnaire, voire brisés.

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