Archives pour septembre, 2017

De l’Egypte à l’Assyrie

24 septembre 2017
Pasteur Gérald Fruhinsholz

 

Quel superbe rendez-vous avec l'Histoire ! La Bible l'a prophétisé : "En ce temps, il y aura une route d'Egypte à l'Assyrie… en ce temps, Israël sera tripartite (shlishi'yah)" – Esaïe 19:23.

Le dernier discours du général égyptien Sissi à la 72e Assemblée de l'ONU a surpris tout le monde par son attitude d'ouverture vis à vis d'Israël. 

De l'autre côté, nous voyons combien le chaos au Moyen-Orient permet pour les Kurdes d'espérer former enfin leur propre Etat. Et la seule nation qui est favorable à cette nouvelle constitution, c'est Israël ! 

Bien entendu, ni l'Irak, ni la Turquie, ni l'Iran n'y sont favorables, ces trois nations possédant sur leur sol une partie kurde. Mais ne serait-ce pas justice pour les Kurdes, qui sont un vrai peuple, issu des Mèdes, avec une langue, un folklore, une culture commune, de se constituer en un Etat unique ? Les Kurdes représentent une population près de 30 millions d'âmes. 

 

Le dépeçage du Moyen-Orient

C'est en 1916, après la chute de l'empire ottoman, que les puissances coloniales, la France et le Royaume-Uni avec les Accords Sykes-Picot, ont modelé le Moyen-Orient, l'ont dépecé selon leurs intérêts économiques (le pétrole notamment). Le peuple kurde a été ainsi disséminé en Turquie, en Iran, en Syrie et en Irak, divisé par des frontières tracées à la règle. 

 

Israël et l'empire Assyrien

On doit réaliser que nombre de Juifs ont été exilés en Assyrie (au 8e siècle avant J-C), et que Jonas a été envoyé par Dieu dans ces contrées pour sauver Ninive ! Il y a un lien très fort avec Israël, et certains craignent de voir en un peuple kurde réuni, un "2e" Israël (dixit le PM irakien, Nouri al-Maliki). 

Aujourd'hui, les villes kurdes correspondent globalement à la dimension de l'ancien empire assyrien (kehilanews.com). 

Les relations entre les Kurdes et Israël ont toujours été bonnes (timesofisrael.com) :

 

« Ofra Bengio, directrice du programme d'étude sur les Kurdes à l'université de Tel-Aviv, rappelle qu'Israël a offert une assistance militaire secrète et une aide dans le renseignement et l'humanitaire au Kurdistan au cours des années 1965-75. Lorsque les Juifs vivant en Irak ont été victimes de harcèlement par le parti Baas au pouvoir, au début des années 70, des Kurdes ont aidé à leur exfiltration, relève l'auteure du livre "les Kurdes en Irak : construire un Etat dans l'Etat". L'ancien dirigeant kurde Mustafa Barzani s'est rendu à plusieurs reprises en Israël… Pour Ofra Bengio, un Etat kurde indépendant pourrait servir de "zone tampon contre les éléments extrémistes venant d'Iran et d'ailleurs", allusion à l'EI et aux milices chiites irakiennes. Un Kurdistan "séculier, démocratique, modéré" constituerait un élément positif dans la région, conclut Ofra Bengio ».

 

Le Kexit du Moyen-Orient

A l'image du Brexit britannique, les Kurdes veulent faire leur Kexit. Ils ont la volonté de sortir des mains de leurs anciens maîtres imposés par l'Occident. La disposition des villes kurdes actuelles correspondent à l'ancien empire assyrien. 

Alors Dieu est-il en train de façonner le Nouveau Moyen-Orient ? Je cite Trudy Rubin (Inquirer) :

« En 2016, le président kurde irakien Masoud Barzani m'a dit que le chaos au Moyen-Orient avait déjà détruit les anciennes frontières de la région. "Il y a de nouvelles réalités sur le terrain", a déclaré Barzani, dans son palais au sommet d'une colline au-dessus de la capitale kurde irakienne, Erbil. Les premiers parmi eux, les combattants Peshmergas, ont libéré des terres kurdes d'ISIS. Le temps est venu pour les Kurdes irakiens de tenir un référendum sur l'indépendance ».

Les Kurdes ont payé le prix fort notamment avec le génocide des Yazidis ; ils combattent l'Islam de Daesh ; les femmes kurdes sont en première ligne, ressemblant étonnamment aux femmes de la Bible, et celles d'Israël aujourd'hui. Un Etat kurde serait (et sera) un Etat tampon contre l'Islam, qui amènerait un esprit de paix sur le Moyen-Orient, et toucherait le monde entier. 

 

Israël, trait d'union entre les nations

Israël est le trait d'union entre les continents. L'Egypte représente l'Afrique, l'Assyrie représente l'Asie, et Israël est le lien avec l'Occident. 

Esaïe 19:16-25 est sur le point d'être accompli : « En ce temps… l'Éternel sera connu des Égyptiens et les Égyptiens connaîtront l'Éternel en ce jour-là… Bénis soit l'Egypte, mon peuple, et l'Assyrie, oeuvre de mes mains, et Israël, mon héritage ».

 

 

 

 

Israël face à son destin

Pasteur Gérald Fruhinsholz
20 septembre 2017
 

Israël n'est pas seul "face à son destin", même si les nations l'abandonnent à son sort ; jamais Israël n'a été seul, accompagné depuis toujours par "le Saint d'Israël". 

Le roi David déclare ainsi sa confiance : "Yaqoum Elohim, yafoutsou oyevav… – Dieu se lève, ses ennemis sont dispersés". David, roi et prophète, termine ainsi le psaume 68, prédisant la venue du Messie : "Royaume de la terre, chantez à Dieu, célébrez le Seigneur ! Chantez à Celui qui chevauche les cieux, les cieux antiques. Voici, Il fait entendre Sa voix, Sa voix puissante" – Ps 68:33. 

C'est le son du Shofar – Yom Terouah (Joël 2:1-3)

 

Un grand discours à l'ONU du PM Binyamin Netanyahou

"Bibi" na pas déçu, avec un discours de grande lucidité, devant l'Organisation officielle des nations qui tend à toujours rabaisser et critiquer Israël. Il a démontré combien l'Etat hébreu est de plus en plus 'or lagoyim – une "lumière pour les nations", une bénédiction pour le monde dans tous les domaines. 

Nous souhaitons une excellente année 5778, tova oumetouka, à Israël et nos amis juifs,  de la part de Gérald & Sophie et de Shalom Israël

Note : ci-dessous un excellent article de Thérèse Zrihen-Dvir

(voir également de Thérèse Zrihen-Dvir l'Hommage au pasteur Gérald & Sophie FRUHINSHOLZ )

 

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Trump ne peut pas bluffer

 

Par Thérèse Zrihen-Dvir – le 15 sept 2017

Trump a jusque là, comme la majorité de ses prédécesseurs, fait un jeu intelligent de coudes afin de ne pas avoir à prendre de sérieuses décisions qui risquent de révéler une situation autre que celle que nous tous essayons de pronostiquer. En vérité la plus grande puissance du monde connaît en ces récentes années un peu trop de défaites, et elles s'insinuent dans le cadre d'une perte embarrassante de contrôle partiel.

Obama a mené un jeu de poker qui n'a convaincu que les américains eux-mêmes et nul autre. L'héritage qu'il a laissé à Trump est désastreux.

Une Syrie gouvernée par la Russie, l'Iran et le Hezbollah, une Crimée perdue à jamais, un Iran qui deviendra dans un espace de temps très court, nucléaire et une Corée du nord qui menace ouvertement les USA et le Japon d'une guerre nucléaire.

Quand on a le dos coincé au mur, il ne nous reste plus d'autres solutions que de se soumettre ou de se révolter. Si Trump n'a pas les moyens ou le courage de faire volte-face à la Corée du nord, le message qui en découlera concernera le monde entier et ouvrira à tous les ennemis des USA une brèche qui ne fera que s'élargir.

Est-ce que Trump a la trempe nécessaire pour se mesurer de façon adéquate à la situation actuelle ? Sa politique de zig-zag provient-elle d'une trop déroutante précaution ou d'une incertitude en ses forces et capacités militaires et politiques ? Ces questions ne cessent de tarauder le monde libre et Israël en particulier, face aux crocs d'acier irano-russo- Hezbollah qui ne demandent qu'à la broyer.

Trump n'ignore pas les liens entre l'Iran, la Corée du nord et la Russie. Abandonner la Syrie entre leurs mains, revient à abandonner Israël face à un problème auquel il hésite à se mesurer. N'oublions pas qu'Israël représente le dernier rempart avant la chute de l'Europe et de l'Occident.

Le récent prolongement de la suspension des sanctions contre l'Iran par les USA nous prouvent son incapacité à toiser une situation que les USA ont crée de leurs propres mains. En fait c'est véritablement une capitulation face à l'arrogance iranienne, face aux menaces de la Corée du nord, face à l'ingérence russe dans tous les domaines.

Avec une Europe quasiment envahie de musulmans et le grand remplacement qui la guette et s'installe sous nos yeux ahuris, Trump doit bien se sentir sur la selette. Les pions sur l'échiquier mondial évoquent en quelque sorte, les jeux et les défis qui ont précédé la Seconde Guerre mondiale. Une Europe affaiblie qui renonce trop rapidement à la Yougoslavie, ferme les yeux sur la fourberie d'Hitler, et fait fi de toute précaution au point de devenir une proie aussi consentante qu'une prostituée.

Au train où vont les choses, la gouvernance du monde retombera entre d'autres mains qui ne seront nullement tendres envers les pays de l'Occident et sa population agnostique ou laïque. Quant à Israël, elle se prépare à une guerre d'un autre genre à laquelle elle ne peut plus échapper. À mon avis elle a attendu trop longtemps et a laissé ses ennemis s'armer et se préparer à passer à l'attaque. Nonchalance ou foi erronée en son allié américain, les raisons importent peu aujourd'hui, les faits et la réalité exigent une riposte tout à fait différente et immédiate dont les résultats se refléteront, nul doute, sur la résilience du petit état juif.

La Russie en Syrie, n'aimerait pas avoir à se confronter avec Israël, mais si la situation demeure inchangée, la conflagration ne tardera pas.

Nous vivons une époque de grands bouleversements appartenant à la famille des désastres qui mettent l'humanité entière en péril. Si la Corée du nord s'amuse à dépêcher l'arme atomique à ses voisins, les règles du jeu seront bien différentes et suicidaires pour tous les camps.

 

 

La politique divine, israélo-centrique

Pasteur Gérald Fruhinsholz
le 15 septembre 2017
 

« Quand le Très-Haut donna un héritage aux nations… Il fixa les limites des peuples d'après le nombre des enfants d'Israël, car la portion de l'Eternel, c'est Son peuple, Jacob est la part de Son héritage » – Deut 32 :8-9.

Malheureux sont ceux qui ne croient pas en la Bible et en son Dieu! C'est Dieu qui régit la destinée des nations, et celle d'Israël, "son héritage". Dieu aime les nations, et a toujours désiré le bonheur de chacun, mais en fixant des conditions, en les avertissant 1) que le peuple juif a une destinée particulière, 2) qu'il ne faut pas porter la main contre lui.

 

Un peuple qui  traverse le temps

L'ancêtre du peuple juif est Héber – du mot 'avar, traverser (Gen 11:14 ; 14:13). Le peuple hébreu a traversé les siècles. Constitué en nation à la sortie de l'Egypte, Moïse a confronté Pharaon qui empêchait les enfants d'Israël de partir vers Canaan… et toute l'armée de Pharaon fut anéantie. De même, tous les rois qui s'opposèrent à l'installation d'Israël sur sa terre, celle que Dieu avait prévue, furent anéantis.

Aujourd'hui, alors que les peuples ont disparu – les Hittites, les Perses, les Romains, les Babyloniens, les Grecs, etc, – Israël est le seul peuple à conserver son identité, sa langue et sa culture, depuis des millénaires. 

 

Dieu est juste, et souverain

Dire qu'Israël est le peuple segoula – trésor personnel de Dieu, et qu'il est le peuple choisi, attire automatiquement la jalousie des nations, les goyim. L'homme ne supporte pas l'élection divine, considérant cela comme injuste. Pourtant, il suffit de lire le Tanakh pour voir combien Israël a subi le courroux de son Dieu. Lévitique 26 et Deut 28:15-68 décrivent de manière terrible ce que Dieu a prédit si Israël désobéissait et tombait dans l'idolâtrie. 

Israël a subi quatre exils, qui sont comme quatre 'châtiments'. Ils ont été déportés, endurant depuis toujours les malédictions décrites, souffrant comme aucun peuple dans le monde n'a souffert. Et durant les derniers 2000 ans, les Juifs ont été dispersés dans les nations… pour être finalement ramener en 1948 dans leur territoire prévu de toute éternité. 

Dieu est souverain, et Son alliance avec Abraham est une alliance qui ne peut être brisée: « Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi » – Gen 12:2-3. 

 

Dans Sa miséricorde, Dieu avertit

Selon le plan de Dieu, les enfants d'Israël devaient retourner à Sion. La Bible annonce ce retour : 

« Je les ramènerai dans leur pays, que j'avais donné à leurs pères. Voici, j'envoie des pêcheurs, dit l'Eternel, et ils les pêcheront; Et après cela j'enverrai des chasseurs… » – Jérémie 16:16. 

On connait les "chasseurs" : le communisme, le nazisme, l'islam à présent. 

– Y a-t-il eu des "pêcheurs" ? – Oui. En 1938, à Tisha be'Av, Jabotinsky écrit aux Juifs de Pologne: « Depuis trois ans je m'adresse à vous, Juifs de Pologne, diadème du judaïsme dans le monde… Je vous mets en garde sans cesse, contre la catastrophe qui approche. Mes cheveux ont blanchi et j'ai vieilli, car mon cœur saigne en voyant que vous, mes chers frères et sœurs, êtes aveugles devant le volcan qui va bientôt cracher son feu destructeur… ». Jabotinski est mort en 1940.

Un autre exemple, celui-ci chrétien évangélique en la personne de l'ami de Herzl, le Rev William Hechler. Un commentateur écrit : "Hechler avait la certitude que l'Europe allait être bientôt inondée de ''fleuves de sang'' auxquels  seuls quelques-uns échapperaient. Il avait averti que la calamité à venir ''rendrait les Croisades et l'inquisition espagnole semblables à des jeux d'enfant''. Hechler mourut en 1931.

 

Les Etats-Unis, l'ami d'Israël

Nous savons que l'Espagne perdit toute son empire au 16 et 17e siècle, après avoir fait la chasse aux Juifs. De même, l'Empire britannique, sur lequel le soleil ne se couchait pas, perdit toutes ses colonies, juste après le diktat du "Livre blanc" interdisant aux rescapés de la Shoah de rejoindre la nation naissante d'Israël. 

Nous comprenons que la Première guerre mondiale "servit" à libérer la Palestine occupée par les Ottomans, et que la Seconde permit la création d'un Etat juif. Et nous voyons que le guerre des Six-jours fit que Jérusalem redevint après 2000 ans la capitale d'Israël… mais uniquement aux yeux des Israéliens, car toutes les ambassades avaient déménagé à Tel-Aviv.

L'élection de Donald Trump – on l'a appelé le nouveau Cyrus – sert les intérêts de Dieu afin que les Etats-Unis soient à nouveau un ami d'Israël, mais également pour déménager l'Ambassade US. Or, Donald Trump, jusque-là a manqué à sa parole…

Les catastrophes du genre "du jamais vu" aux Etats-Unis (le feu en Californie, les ouragans au Texas et à Miami) ne seraient-elles pas la réponse de Dieu suite au refus de l'Administration américaine ? Il y a déjà eu des précédents avec le désengagement du Goush Katif sur la forte pression de l'Administration Bush. Curieusement, en août 2005, l'ouragan Katrina balaya la Nouvelle-Orléans, et l'on pouvait faire un parallèle avec les Américains ayant perdu leurs maisons, et les 10.000 Israéliens expulsés. 

 

Jérusalem, la dernière étape

"Le contrôle juif sur Jérusalem est essentiel à l'établissement du Royaume de Dieu sur la terre. Cela explique l'opposition passionnée que cette éventualité provoque dans tant de cercles politiques et religieux" (Derek Prince, 1915-2003 – "la Terre promise"). 

Le déménagement de l'ambassade US pourrait être une (ou la) clé qui déverrouillerait une solution bloquée depuis les Accords d'Oslo. Elle enclencherait une série de décisions qui pourrait libérer le Mont du Temple… Be'ezrat Hachem.

« Oui, l'Eternel a choisi Sion, Il l'a désirée pour sa demeure: C'est mon lieu de repos à toujours; J'y habiterai, car je l'ai désirée … Là j'élèverai la puissance de David, Je préparerai une lampe à mon oint ; Je revêtirai de honte ses ennemis, et sur Lui brillera sa couronne » – Psaume 132:13-18

 

 

Célébrer le Sionisme

Pasteur Gérald Fruhinsholz
le 7 septembre 2017
 

Jérémie 31:10 – « Nations (goyim), écoutez la parole de l'Éternel, et proclamez-la… Dites : Celui qui a dispersé Israël le rassemblera et le gardera comme le berger garde son troupeau »

Esaïe 49 :22 – « Ainsi dit l'Eternel:  Je lèverai ma main vers les nations (goyim), Je dresserai ma bannière vers les peuples; et ils ramèneront tes fils entre leurs bras, ils porteront tes filles sur les épaules »

Exactement 120 ans après le premier Congrès sioniste – fin d'août 1897 à Bâle en Suisse, sous la direction de Theodor Herzl, des chrétiens de toute l'Europe se sont réunis dans cette ville. Le but a été d'abord de fêter le miracle du Sionisme moderne, et ensuite de prier pour l'accomplissement de ce que Dieu a commencé là 120 ans auparavant, selon Ses desseins et Ses promesses en faveur d'Israël.

« Nous voulons honorer la ville de Bâle pour avoir reconnu l'importance de cette date et avoir accueilli cette conférence en commémorant cet anniversaire historique. Nous voulons prier et intercéder pour Bâle, pour la Suisse, pour nos nations européennes et pour l'Eglise afin qu'elle s'aligne sur les desseins éternels de Dieu (pour Israël) pour les temps actuels […] – Harald Eckert, directeur fondateur, Global Prayer Call

 

La douloureuse épopée de l'Exodus – il y a 70 ans !

Un autre anniversaire a été commémoré ces jours-ci, celui d'Exodus, ce fameux bateau parti de Sète en France, ayant à son bord des milliers de Juifs dont beaucoup sortis des camps, refoulé avant d'arriver à Haïfa par les Britanniques, pour finalement être renvoyé en Allemagne (LIEN). Depuis cette époque douloureuse, nombre de chrétiens anglais se rassemblent à Haïfa et ailleurs en Israël, pour demander pardon pour leur pays et les décisions du Mandat britannique. 

– Ci-dessous, un texte qui reparle également de l'importance du concours chrétien d'un homme, le Rev William Hechler,  épaulé par d'autres au sein de ce que l'on peut appeler 'le Sionisme chrétien'.

Notre vision : "Lekh lekha Israël" – Israël, va jusqu'au bout de ta destinée !

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Le mentor chrétien de Theodor Herzl

 


Theodor Herzl était un homme avec un projet, déterminé à remédier à cette situation. Et ce que les gens doivent savoir, c'est qu'il avait un avocat et un mentor – un chrétien engagé. si Herzl est le visage du Sionisme moderne, on peut dire que William Hechler est le héros inconnu qui a joué un rôle primordial en aidant à recréer la patrie juive.Après un épisode particulièrement douloureux d'antisémitisme en France [1] et de nombreux autres incidents en Europe et en Russie, de nombreux Juifs étaient prêts à partir dans un endroit plus sûr. Il y a un parallèle à faire avec notre temps, en 2017, mais à l'époque – il y a 120 ans, il n'y avait pas encore de patrie ou de refuge où pouvoir fuir.

 

Une question de temps…

Choqué par 'l'Affaire Dreyfus' et les terribles pogroms de Russie, Theodor Herzl a oeuvré pour changer la réalité du peuple juif, de manière pragmatique. Il était athée et avait compris que la persécution du peuple juif n'allait pas s'arrêter et qu'il était urgent de trouver un lieu de refuge.

En août 1897, il rassembla des personnes-clés dans la ville de Bâle pour un Congrès sur la création d'un Etat juif. À la suite du premier Congrès, il déclara: "A Bâle, j'ai fondé l'Etat juif …. Si je le disais à haute voix aujourd'hui, je serais moqué. Peut-être dans cinq ans, mais certainement dans cinquante ans, le monde entier comprendra".

Sa déclaration s'est révélée exacte – 50 ans après, elle s'est parfaitement réalisée.

En 1947, Israël est sur le chemin  de sa création suite au plan de partage des Nations Unies en novembre, et la tragédie du navire Exodus en juillet de cette année est une confirmation brutale de la nécessité d'un refuge juif. Le SS Exodus transportait 4 515 réfugiés juifs, lorsqu'il tenta désespérément d'échapper aux horreurs de la Shoah en Europe, pour parvenir aux rives de la Terre Sainte. À cette époque, les Britanniques contrôlaient la terre et restreignaient sévèrement l'immigration juive. Des milliers et des milliers d'entre eux furent refoulés, et l'Exodus fut renvoyé à Chypre, puis en Allemagne.

En regardant en arrière – 50, 70, 100 ou 120 ans – nous réalisons que 2017 est une année tellement importante pour Israël qui fête ces différents anniversaires.

Cela fait 50 ans que la ville de Jérusalem est de nouveau entre les mains du peuple juif… et 70 ans que les manuscrits de la mer Morte ont prouvé que le récit de l'histoire juive de la Bible sur sa terre n'est pas une fiction, et, depuis l'Accord de l'ONU (en nov 47), que le ''Juif errant'' est devenu l'État moderne d'Israël. Il y a 100 ans qu'Israël a été libéré de siècles d'occupation musulmane (Turcs ottomans), et que la Déclaration Balfour a promis d'établir une patrie pour le peuple juif. Et ce mois-ci, il y a 120 ans que la Déclaration de Bâle, ou l'appel à rétablir Israël, a été prononcé officiellement fin août 1897.

 

Le mentor chrétien de Theodore Herzl

Né à Budapest, mais vivant au Royaume-Uni, William Hechler a été formé dans l'Eglise anglicane pour être aumônier à l'Ambassade britannique de Vienne. Comme bon nombre de ses compatriotes [2], il avait senti un grand mouvement prophétique en 1897. C'était une date connue pour les exégètes de la prophétie se fondant sur le symbolisme et la recherche des dates à partir des livres de Daniel et de l'Apocalypse. Hechler fut frappé par le livre «L'Etat juif» et déterminé à rencontrer son auteur. 

Voici l'impression de Herzl lors de leur premier rendez-vous:

«Hechler est un homme sympathique et sensible à la longue barbe grise d'un prophète. Il s'est passionné pour mon projet. Il considère mon mouvement comme prophétique, et dit l'avoir prédit deux ans auparavant. Il a calculé selon une prophétie datant du règne d'Omar (637-638) qu'après 42 mois prophétiques, c'est à dire 1 260 ans (NdT: selon Apo 11:2 et Daniel 7:25), la Palestine serait restituée aux Juifs. Cela donne 1897-1898 … Hechler déclare que mon mouvement est biblique, même si je procède de manière rationnelle. Il veut montrer mon livre à quelques princes allemands. Comme précepteur auprès du Grand-Duc de Baden, il connait le Kaiser allemand et pense m'obtenir une entrevue».[3]

En raison de ses liens, Hechler fut en effet capable d'organiser pour Herzl une audience avec le Kaiser allemand, qui devint ouvert au projet, ayant en outre une certaine influence sur la Turquie, qui dirigeait alors la Palestine… mais le Sultan turc ne voulut rien entendre sur un Etat juif indépendant en Terre Sainte.

Malgré cela, l'amitié et le partenariat entre Herzl et Hechler continua de grandir.

«ll me donne d'excellents conseils», écrit Herzl , il est plein de bonne volonté; à la fois intelligent, mystique et naïf. Ses conseils et ses préceptes ont été excellents à ce jour». Hechler fut aux côtés de Herzl jusqu'à la fin; le leader juif fit un voeu à Hechler : «Saluez la Palestine pour moi ». Et il rajouta : «J'ai donné mon sang, ma vie pour mon peuple».

 

Un refuge incontournable

Herzl a appelé Hechler "un chrétien sioniste", en raison de son grand amour pour le peuple juif, et la détermination à voir Israël restauré à nouveau. Hechler n'était pas seulement concerné par les liens prophétiques et politiques relatifs à Israël, mais il était désireux de s'aligner sur le cœur de Dieu et Ses plan en faveur des Juifs, sachant qu'ils seraient protégés du danger, et ''replantés'' dans leur terre comme Dieu l'avait ordonné dans sa Parole.

Cependant, même après que leurs rêves soient devenus réalité avec la 'Déclaration Balfour' de 1917 promettant de créer une patrie juive en Palestine, Hechler resta frustré par le fait que les Juifs n'étaient pas pressés de partir là-bas. Il était inquiet, notamment avec les prophéties des ''troubles de Jacob'' de Jérémie 30:7, et certain que l'Europe allait être bientôt inondée de ''fleuves de sang'' auxquels  seuls quelques-uns échapperaient. Il avait averti que la calamité à venir ''rendrait les Croisades et l'inquisition espagnole semblables à des jeux d'enfant''. Hechler mourut en 1931, juste avant la venue de Hitler au pouvoir, et avant qu'il ne voie la tragédie qu'il avait prédit.

 

L'épopée de l'Exodus

L'été 2017 marque les 120 ans depuis la Déclaration de Bâle de Herzl, et les 70 ans de l'abandon désastreux de l'Exodus, soulignant l'urgent besoin d'une patrie juive.

De terribles erreurs ont été faites pendant ces années, la tragédie de l'Exodus en est une. Des chrétiens britanniques se sont depuis souvent rassemblés en Israël pour se repentir de ces décisions prises par le 'Mandat britannique'. Récemment a eu lieu une cérémonie d'inauguration à propos de l'Exodus, à Haifa, à laquelle ont assisté Yonatan Halleli de Yad Ezer le'Haver pour les survivants de l'Holocauste, Jürgen Bühler, directeur de l'Ambassade chrétienne internationale (ICEJ), le ministre de la Construction et du Logement Yoav Galant (dont la mère Fruma était sur l'Exodus), et le président de l'Agence juive Natan Sharansky

Membre (du parti Kulanou) de la Knesset, Yoav Galant, a déclaré: «Exodus est devenu le symbole du passage de l'Holocauste à la résurrection. Lorsque nous choisissons de nous souvenir des héros qui ont fondé le pays, je dis qu'il y a une raison de se battre».

Jürgen Bühler de l'ICEJ a ajouté: «Exodus est un symbole non seulement pour les Juifs, mais aussi pour les millions de chrétiens évangéliques partout dans le monde qui se tiennent debout en faveur d'Israël et reconnaissent la nécessité d'un Etat juif» [4].

Comme Herzl l'a vu, Le Sionisme n'est pas du racisme, au contraire, il donne une raison de combattre le racisme. Et comme l'a démontré William Hechler, le Sionisme chrétien n'est pas lié à la politique, mais à l'amour inconditionnel de Dieu, à Son peuple et à Sa volonté d'accomplir ses desseins prévus depuis toujours.

«Votre peuple sera mon peuple, et votre Dieu, mon Dieu» – Ruth 1:16

 Kehilat Israelhttp://kehilanews.com/2017/09/03/theodore-herzls-christian-mentor/ 

  

note1[1] Le  capitaine Alfred Dreyfus a  été injustement accusé de trahison et banni sur une île pour être derrière les barreaux pour le reste de sa vie, aux cris de "Mort à Judas, mort aux Juifs!". On découvrit plus tard que la lettre qui l'avait incriminé était un faux, mais ne fut blanchi qu'après 12 ans d'emprisonnement.

note2[2] Ceux qui prévoyaient la restauration physique d'Israël comprenaient Lord Shaftsbury, Wesley, Newton, Cowper, Wilberforce, Simeon, Pusey, Danby, Spurgeon, ainsi que des politiciens tels que Palmerston, Disraeli, Lloyd George, Balfour, Churchill, Wilberforce (mais pour des raisons pratiques protégeant les intérêts britanniques et la route vers l'Inde plutôt que des raisons spirituelles) et des écrivains britanniques tels que Byron, Walter Scot, Wordsworth, Robert Browning, George Eliot.

note3[3] Affichage dans le musée de Christchurch, Jérusalem

note4[4]  Ma'ariv Mekomonim,  11 août 2017