Archives pour février, 2016

Mémorial pour un Juste…

25 Février 2016
Pasteur Gérald Fruhinsholz


Mr l'ambassadeur P. Maisonnave, J.F. Guthman, Claude Meyer, et le pasteur Fruhinsholz

Mr l’ambassadeur P. Maisonnave, J.F. Guthman, Claude Meyer, et le pasteur Fruhinsholz

C’est le Kibboutz Beit Lo’hamei haghetaot (les combattants des ghettos), près de Nehariyah au nord d’Israël, qui a accueilli la salle consacrée à l’OSE, et à la mémoire de Daniel Trocmé. Ce lieu de mémoire est proche du musée des enfants de la Shoah, Yad Layeled, en souvenir des 1,5 millions d’enfants juifs assassinés. L’initiateur du projet « Daniel Trocmé » est Claude Meyer, de l’association NEGBA.


Serge Klarsfeld

Serge Klarsfeld

L’inauguration s’est déroulée le 15 février de cette année : « Les orateurs présents étaient l’ambassadeur de France M. Patrick Maisonnave, le président de l’OSE (l’Oeuvre de secours aux enfants juifs pdt la guerre) M. Jean-François Guthman, le Pasteur Gérald Fruhinsholz de Shalom Israël, Claude Meyer, fondateur de Negba, et M. Serge Klarsfeld. Ils  ont tous insisté sur le rôle des résistants juifs et non juifs, ayant permis à beaucoup d’entre nous d’être cachés et d’être là aujourd’hui. Nous avons fait la visite de l’exposition de l’OSE « Sauvez les enfants, 1938-1945″, présentée par l’historienne Katy Hazan, où 10 enfants juifs sauvés par l’OSE et par d’autres organisations, toujours en vie, racontent leur histoire » (article de Betty Dreyfus).


Daniel TrocméL’histoire de Daniel Trocmé – Depuis le début de l’année 1943, Daniel Trocmé est en charge des vingt enfants de la pension des Grillons, au Chambon s/Lignon. Il est aussi responsable de 25 étudiants étrangers à la maison des Roches. Le 29 juin 1943, vers 6 h 30, les policiers allemands investissent les Roches. Trocmé et 18 étudiants sont arrêtés et déportés. 12 ne sont pas revenus, dont Daniel Trocmé, décédé en avril 1944 au camp de Maïdanek, en Pologne.

Magda et André TrocméMagda Trocmé, l’épouse d’André Trocmé, rapporte qu’au moment de la descente de police aux Roches, Daniel, le cousin de son mari, se trouvait aux Grillons. A l’approche des Allemands, il aurait pu fuir « par les bois, derrière la maison, c’était tout près ! Mais il a dit qu’il ne pouvait pas, qu’il était responsable des Grillons mais aussi des Roches ».
 
« Je n’ai pas peur, c’est mon devoir » – Pendant les interrogatoires aux Roches, Daniel dit à Magda : « Ne te tourmente pas, je pars avec mes étudiants, je tâcherai d’expliquer les choses, de les défendre le plus longtemps possible… ne vous en faites pas, je n’ai pas peur et c’est mon devoir ». Avant de monter dans l’autobus, première étape de son calvaire, il demande à Magda d’écrire immédiatement à ses parents.
 « Dis-leur que je leur écrirai aussitôt que possible. Dis-leur que je vais bien et qu’ils ne doivent pas se faire de souci ». Paroles admirables de courage et d’amour de son prochain. (tiré de Daniel Trocmé, Juste parmi les nations, par Marc-André Charguéraud)


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Claude Meyer et Gérald Fruhinsholz

Claude Meyer et Gérald Fruhinsholz

Discours (extraits) du pasteur Gérald Fruhinsholz

A l’occasion de l’inauguration d’un mur souvenir en mémoire de Daniel Trocmé, et tant que pasteur protestant, je veux tout d’abord remercier :

– La direction du kibboutz et du musée Lohamei Hagueta’ot,

– l’Organisation l’OSE qui nous donne l’occasion de partager ce bel espace, sachant combien il est important de ne pas dissocier le travail de chacun, Juifs et non juifs, durant cette époque terrible où des enfants cherchaient le moindre lieu pour se cacher des Nazis pour échapper à la mort,

Nathalie Charron, de la famille Trocmé

Nathalie Charron, de la famille Trocmé

– Je salue bien sûr la présence de Mr Serge Klarsfeld, maître d’œuvre incontournable lorsqu’il est question de la Shoah, je salue la présence de Mr Werner Salmon, représentant le Bnei brit de Jérusalem (loge Robert Gamzon), et enfin la présence d’un membre de la famille Trocmé, Nathalie Charron, habitant Jérusalem depuis bien longtemps.

 
Je veux souligner en outre combien ce projet n’aurait pu voir le jour sans la formidable persévérance de notre ami Claude Meyer ! Claude Meyer, fondateur de la belle association NEGBA s’occupant d’enfants israéliens en difficulté, n’a pas cessé de faire aboutir ce projet pour faire connaître la remarquable histoire d’un homme se sacrifiant pour ses élèves.
Il était essentiel pour Claude de laisser en Israël un autre visage de la France, autre que celui de la France de Vichy. Il devait montrer à la jeune génération israélienne le symbole d’une résistance à l’idéologie nazie, le témoignage d’hommes valeureux de toute une région, le plateau du Chambon, et particulièrement d’un jeune homme comme Daniel Trocmé qui ne s’est pas désolidarisé de ses élèves, juifs pour la plupart, les accompagnant jusqu’à la mort. […]


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Les "trois mousquetaires" de Negba : Claude Meyer, Claude Kadoush et Jean Bisseliches

Les « trois mousquetaires » de Negba : Claude Meyer, Claude Kadoush et Jean Bisseliches

A propos de Claude Meyer, co-fondateur de Negba, voici quelques pensées concernant ce mémorial : « Au travers du jeune Daniel Trocmé donnant sa vie pour ses étudiants, Claude Meyer a voulu souligner, pour l’avoir vécu lui-même, l’importance de ces Héros anonymes ayant permis à toute une génération d’enfants juifs de vivre leur vie, survivant à la persécution nazie. Même si heureusement les circonstances ne sont plus les mêmes aujourd’hui pour les enfants de Negba, la démarche reste la même : à l’image de Daniel qui a aimé ses étudiants jusqu’au bout, l’association Negba tente d’aider des enfants défavorisés à trouver le chemin de la réussite et connaître le bonheur.


Pour Claude Meyer, il y a là le sens d’une double reconnaissance : celle du passé à l’égard de ces Héros, et celle de l’amour gratuit témoigné par des Justes, comme le jeune Daniel. C’est une leçon de vie qui doit nous accompagner là où nous sommes, dans l’œuvre à laquelle nous participons, une œuvre d’amour envers les plus faibles ».

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner 
sa vie pour ses amis » – Jean 15:23




Découvrir Israël, une mitsvah !

10 février 2016
Pasteur Gérald Fruhinsholz


 C’est l’Maale AdumimÉternel qui ordonna à Abraham de visiter Israël ! « Lève-toi, parcours le pays dans sa longueur et dans sa largeur ; car Je te le donnerai » – Genèse 13:17 (Lekh lekha). On n’a jamais fini de découvrir Israël dans sa géographie, sa culture, son économie, sa population. Une terre que D.ieu a donnée sans conteste au peuple juif..

Merci à Clément, à Sara et Yoram qui ont organisé ce tioul, donnant la possibilité de visiter ce beau pays, et d’en apprécier sa richesse et sa diversité. Visiter Israël devrait être le projet de tous les croyants bibliques. Bien évidemment, une fois n’est pas suffisante…


Maalé Adoumim était notre premier site avec le parc Zikit. Maalé adoumim est une ville située en Judée-Samarie, à l’est de Jérusalem et au bord du désert. Golda Meir dès 1970 en autorisa la construction ; aujourd’hui, c’est une belle ville de 40 000 habitants, verdoyante et bien équilibrée en différents quartiers. Zikit est donc le parc aménagé, avec plan d’eau, café (cafit), et activités de loisirs. De nombreux Français, Juifs et non-juifs ont investi dans ce projet.

Le roi de la HalvaLe roi de la ‘Halvah

Fabrication TehinaQui ne connait pas la ‘halvah, cette délicieuse pâtisserie que l’on trouve au marché Mahanei Yehouda à Jérusalem ? C’est à Michor Adoumim, la zone industrielle, que l’on trouve cette entreprise israélienne fabriquant de manière artisanale la ‘halvah, à base de te’hina, et issue de la graine de sésame.
Le sésame est extraordinairement riche (protéine et magnésium) et très bénéfique pour la santé – contre le diabète, l’arthrite, le cholestérol,  l’anxiété ; pour la protection du foie, etc…

Mamlekhet ha’halva est une entreprise familiale. Le grand-père fabriquait la ‘halva au Maroc, et aujourd’hui, Chafrir, le petit-fils continue la saga en Israël, en important la graine d’Ethiopie, et en la broyant dans des meules vieilles de quelques 160 ans. On fait ainsi la te’hina. Ajoutez de l’ail et du citron, et cela devient cette préparation salée que l’on mange beaucoup en Israël, avec le ‘houmous. Mais il y a aussi la te’hina au chocolat. Et il y a bien sûr la ‘halva, mélangée à d’autres éléments, tous naturels, constituant cette pâtisserie bien orientale.

La serre urbaine ‘Aleynou

Serre urbaineAutre site intéressant à Michor Adoumim : la serre urbaine ‘Aleynou. SerreComme chacun le sait, Israël est champion dans l’innovation, il est pionnier autant dans la technologie que dans l’agriculture, pour les cultures hors sol (agriculture hydroponique), sachant l’importance de l’urbanisation dans le monde. Cette technique permet 20% en moins d’espace, 90% en moins d’eau et 75% en moins d’engrais.

On voit par exemple des bâtiments à Tel-Aviv sur les toits desquels sont cultivés des laitues et des légumes super-frais pour les restaurants locaux. Dans l’agriculture hydroponique, il n’y a pas de saleté, il n’y a pas de désherbage, pas d’arrosage supplémentaire, et pas de pulvérisation de pesticides. (voir l’article)

A la recherche des plantes aromatiques bibliques

BalsamonSi vous allez au kibboutz Almog (près de la Mer morte), venez visiter la serre de Gilad Erlichbalsamon farm. Gilad a consacré sa fortune à rechercher les différentes plantes aromatiques, pharsemon, balsemon, et autres encens – en hébreu, levona et ktorah désignant le parfum d’encens pour le sanctuaire.

Groupe« Nous avons commencé avec une plante identifié comme étant le Balsamon biblique (baume de Galaad) et au fil du temps, nous avons constitué un ensemble non négligeable de plantes bibliques et désertiques ».
« Avec beaucoup d’amour, nous avons construit un jardin magique où vous pouvez marcher, sentir les parfums et rencontrer des plantes fascinantes et rares appartenant au patrimoine culturel du peuple juif ».
« Au fil des ans, nous avons accumulé des connaissances approfondies en matière de plantes odoriférantes, d’encens, de plantes à parfum et de plantes médicinales, de la Bible et du désert. Nous avons appris beaucoup de choses également sur la cosmétique antique et naturelle… »

En réalisant ce travail de recherche et de culture, Gilad a une idée derrière la tête, celle de pouvoir offrir, lorsque le troisièmeTemple sera en construction, l’encens et les parfums bibliques nécessaires au service lévitique dans le sanctuaire. A ce sujet, la Bible est formelle concernant le parfum spécialement conçu pour le Temple : « Vous ne ferez point pour vous de parfum semblable, dans les mêmes proportions. Vous le regarderez comme saint, et réservé pour l’Eternel » (Ex 30:7). Ces parfums sont qadosh, mis à part pour l’Éternel… comme Israël.

A tous les amoureux d’Israël, visiter Israël, c’est un commandement – une mistvah,
et c’est une joie !