17 août 2015
Pasteur Gérald Fruhinsholz


"Elevez la bannière !" - Es 62:10

« Elevez la bannière ! » – Es 62:10

Nous sommes arrivés en Israël le 17 août 2005, Sophie, notre fils Cédric de 19 ans, et moi-même, avec une valise chacun. Ce jour fut à la fois un jour de joie et de tristesse. Jour de joie, car nous étions partis de Paris, alors que le soleil se couchait, nous étions dans la montée de Jérusalem, et le soleil montait dans le ciel ; c’était un nouveau jour. Jour de tristesse car nous quittions notre famille, nos amis, pour aller vers l’inconnu.


Le désengagement du Goush Katif

Il y avait un autre symbole fort : Sophie était habillée en orange de la tête au pied ; nous étions loin de savoir que la couleur orange signifiait tant. En effet, tous ceux en Israël qui s’opposaient au désengagement (« Hitnatkout ») de la Bande de Gaza affichaient cette couleur ! En fait, nous arrivions au jour de l’expulsion de 8 000 habitants juifs du Goush Katif issus des 21 localités ; quel jour de tristesse ! Cet arrachement était impensable pour la majorité des Israéliens et surtout pour les pionniers qui s’étaient installés dans cette bande de terre sableuse, avec l’appui d’Ariel Sharon.

Synagogue de Nevedekalim détruite

Synagogue de Nevedekalim détruite

Le 17 août était donc le jour de l’expulsion par la force, par l’armée israélienne. Terrible déchirement dans cette nation si jeune. Qui peut comprendre une telle décision, celle d’un leader sioniste comme Ariel Sharon qui privilégiait autant les implantations ?… Comment le peuple juif qui avait vécu tant d’horreurs dans son histoire, tant d’expulsions et de persécutions de la part d’autres nations, pouvait s’imaginer que l’armée d’Israël, Tsahal, servirait au déracinement de pionniers qui avaient édifié un « Eden » dans cette bande de sable, l’avaient fait fructifier, en permettant même à des ouvriers arabes de travailler ?…

C’est une blessure qui n’est toujours pas refermée ; beaucoup encore n’ont pas retrouvé une maison en dur ni même du travail. Un traumatisme s’est produit chez de nombreux jeunes qui aujourd’hui ne font plus confiance à Tsahal, et ont rejoint les extrémistes juifs (appelés « les jeunes des collines »).

Y a-t-il un point positif à ce désengagement ?… Contrairement à ce que souhaitait le cabinet Sharon en faisant un tel geste politique sur la pression de l’Occident, la paix non seulement n’est pas venue, mais c’est au contraire un Hamas terroriste qui a pris possession de Gaza, rapprochant encore un peu plus les lanceurs de roquettes des localités israéliennes.

Pourtant, on peut espérer qu’aujourd’hui, Israël ne permettra plus jamais un tel désengagement notamment en Judée-Samarie, de même pour la division de Jérusalem. Le Goush Katif a été l’exemple d’un échec criant, une leçon pour l’avenir : la paix ne peut venir en bradant la terre d’Israël !


Des chrétiens en Israël ?…

Vivre en Israël est à la fois un privilège et un défi. Il y a beaucoup à écrire sur ce sujet, mais l’on doit finalement dire que nous sommes heureux et fiers de vivre en Israël, à Jérusalem, la ville sainte. A la question qui nous est posée « jusqu’à quand pensez-vous rester en Israël », je réponds : « Ad she yavo haMashia’h » jusqu’à ce que vienne le Messie.

Nous sommes venus habiter Israël pour bénir la nation et servir le peuple en tant qu' »étrangers », selon Esaïe 14 : « Mais l’Eternel aura compassion de Jacob et, de nouveau, il fixera son choix sur Israël. Il rétablira ses enfants dans leur propre pays, et des étrangers se joindront au peuple de Jacob, ils s’uniront à lui ».


Il y a eu des précédents fameux de goyim qui se sont tenus aux côtés d’Israël ! Mamré, Jethro, Séphora, Ruth, Cyrus (l’Oint de Dieu), Rév William Hechler (qui a soutenu Theodor Herzl), Lord Balfour, le général Allenby, etc… Dieu a toujours permis que des goyim aident et soutiennent Israël (lire mon livre « Lekh lekha Israël » !). Nous sommes persuadés en tant que chrétiens, que c’est notre devoir d’être aux côtés de la nation de Dieu, non seulement pour réparer (l’on n’y arrivera jamais) la faute de la Chrétienté, mais pour oeuvrer ensemble (beya’had) en attendant le Messie.

Notre rôle est de pousser des coups de shofar également à l’attention du monde chrétien souvent indifférent quand ce n’est pas hostile, (d’où notre  magazine « Sonnez la trompette« ), car la Bible dit en Jérémie 31:6-7 : « Car, il viendra le jour où les gardes (notsrim = chrétiens) crieront : Allons et montons à Sion vers l’Eternel, notre Dieu. Car voici ce que l’Eternel déclare : Poussez des cris de joie en l’honneur de Jacob, éclatez d’allégresse pour la Première des nations ! ». 

Que l’Eglise réalise combien elle est liée à Israël, greffée à son tronc, alimentée par ses racines qui la portent (selon l’apôtre Paul). Le salut de l’humanité est liée à la survie d’Israël, et l’Eglise, sans l’amour de Sion, va à sa perte.
Je prie en ce jour d’anniversaire que les chrétiens soient comme Jérémie : qu’il naisse en eux un feu pour le Dieu d’Israël, pour son peuple et sa terre :
« Il y a dans mon cœur comme un feu dévorant qui est renfermé dans mes os. 
Je m’efforce de le contenir, et je ne le puis » – Jér 20:9

Soyons également comme Le Psalmiste qui fait de Jérusalem le sujet de sa joie :

« Si je t’oublie, Jérusalem, que ma droite m’oublie ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie ! » – Ps 137

Ce midi, pour fêter nos dix ans en Israël, nous avons manger au Rimon une bonne entrecôte aux pommes de terre grillées ! et l’on entendait beaucoup parler Français autour de nous, à Jérusalem. C’est bien, « ils » arrivent ! Broukhim haba’im, ha’olim ‘hadashim ! (bienvenue à vous, les nouveaux arrivants).